04.03.2009

Question mineure romaine - où il est question d'oeufs et de dauphins

Rome%20-%20Circus%20Maximus.jpgIl ne reste pas grand chose à Rome du Circus Maximus aujourd'hui si ce n'est un grand espace vert et le touriste mal informé pourrait passer facilement à côté (le touriste mal informé passe  forcément à côté de plein de choses, vous allez me dire, je sais bien et quitte à tout dire le touriste tout court d'ailleurs ...). Pour une belle reconstitution avec comparaison de l'état actuel, allez voir par exemple ici - le genre de site où je suis capable de passer des heures pour comprendre où est passé le théâtre de Pompée (chacun  ses bizarreries).

Je lis dans le Guide archéologique de  Rome (Filippo Coarelli, Hachette) que furent placés sur l'arête centrale les sept oeufs qui servaient à compter les tours accomplis par les quadriges; à ces oeufs furent ajoutés par Agrippa en 33 av JC sept dauphins de bronze  qui avaient la même fonction. Histoire de bien surcharger cette arête, le guide ajoute qu'en - 10 av. JC, on installa l'obélisque de Ramsès II, provenant d'Hélioplis. Puis une autre.  Puis plein d'autres choses (mais je ne vais pas vous faire un cours sur l'arête centale alors que comme vous allez le voir, j'essaye avec bien du mal de me renseigner sur elle). Bon, bref, ma question en lisant ces quelques lignes, c'est: comment comptait-on les tours avec des oeufs ? Des dauphins ??? Le guide archéologique ne répond pas à cette question malheureusement (et au passage on ne sait pas si l'absence de précision est due à l'ignorance  que nous sommes quant à cette question ou au statut d'évidence - supposée - de la question et de sa réponse). Je fais donc une petite recherche sur internet. En français - précisons.

Je lis sur un premier site que les dauphins ont remplacé les oeufs (ah bon ????). Un autre explique que des dauphins en bois (???) installés par Auguste remplaçaient le traditionnel boulier, on les faisait basculer à chaque passage d'attelage (cette notion de basculement revient sur plusieurs sites). Wikipédia attribue bien par contre à Aggripa les dauphins "compte tours". Le diable est dans les détails, il n'empêche que je me demande bien comment ils se débrouillaient  pour compter les tours. Un esclave se tenait-il sur la spina (l'arête centale dont Wikipédia dit en passant qu'elle  servait de support à de nombreux édicules ayant  une simple fonction décorative  (!!!!! de la décoration ! On aura tout lu ! ) et symbolique ) pour faire basculer les oeufs ou les dauphins - auquel cas cela devait être assez risqué ? Pourquoi avoir mis les comptes-tours au centre  d'ailleurs ??? Ai-je bien compris ??? Un site présente les choses ainsi:  aux bouts de la "spina" étaient deux bases demi-circulaires , les "metae", et sur la "spina"'étaient les "ovaria", formés par sept oeufs en pierre et sept dauphins en bronze dont les déplacements indiquaient les tours parcourus et à parcourir encore. Pas clair quand même !!! Un autre écrit: le milieu de l'arène était occupé en partie par une longue substruction en maçonnerie (spina), qui portait des statues de divinités, des autels, ainsi que les oeufs et les dauphins, que l'on enlevait au fur et à mesure pour marquer le nombre de tours de piste accomplis par les concurrents. C'est bien entendu moi qui souligne.

C'est vraiment un détail me direz-vous, il n'empêche que cette histoire d'oeufs et de dauphins m'a (un peu) donné à réfléchir. Je vous tiens au courant si je trouve la réponse.  

27.02.2009

A l'époque où Venise n'était pas à la mode

Joyant The Doges'Palace.jpgSi vous ne connaissez pas Jules-Romain Joyant, celui à qui Théophile Gautier avait cru donner un coup de pouce en surnommant le "Canaletto français" ( à l'époque on ne disait pas encore faire du buzz), ne vous inquiétez pas, je ne suis pas sûr que vous soyez passé à côté de grand chose à moins que vous ne soyez un grand fan de Venise, de l'art qui s'y rapporte, qu'il soit bon ou mauvais. Toujours est-il que  le fait qu'il soit mort des suites de maladies contractées par des séjours prolongées à Venise force l'admiration. Au moins aimait-il ce qu'il faisait le bonhomme !

 

Toujours est-il que je suis bien content de continuer ma thématique de la semaine "ces artistes mineurs dont on parle si peu" en citant une lettre de lui (trouvé au détour d'un ouvrage mais laissons  les détails), lettre intéressante car le peintre s'y plaint de la mode qui sévit à son époque -  celle d'aller à Rome.

 

Je cite: Je ne puis concevoir la folie de ces peintres qui courent en foule à Rome pour peindre ces misérables ruines (sic !) qui sont faites, refaites et connues de l'univers entier (re-sic !) , tandis que cette ville-ci (c.a.d Venise - vous avez suivi je suppose) renferme des beautés de genre tout à fait original et cent fois préférables (comme pittoresques) à tout ce que l'on peut trouver à Rome, pas un seul ne s'y arrête pour y étudier; quelques uns seulement lui font a grâce de la venir visiter et la quittent au plus tôt.

C'est bien entendu complètement injuste et plein de mauvaise foi, ce qui fait tout l'intérêt du passage. Notons cependant qu'à l'époque Venise est une ville désertée et décrépite - du moins de réputation. Quelqu'un comme Chateaubriand y passe sans être charmé: on ne peut faire un pas sans être obligé de s’embarquer et l’on est réduit à tourner dans d’étroits passages plus semblables à des corridors qu’à des rues. C'est une ville contre-nature nous dit-il - le mot est resté même si Chateau braind, retournera à Venise et nuancera son jugement.

Tiens, pour ceux que cela intéresse, un blog sur le thème de la littérature et Venise que je viens de découvrir en passant: http://laveniselitteraire.midiblogs.com/. Sinon, il y a l'incontournable TraMeZziniMag.

 

13.03.2008

Venise (fin provisoire)

1265930843.JPGUne vierge en hauteur, à l'écart de l'axe touristique - un détail parmi tant d'autres qu'on trouve à Venise. Avec cette note s'achève le très bref récit de mon voyage en Italie, un voyage qui m'a fait prendre la mesure de tout ce qu'il restait à voir et à comprendre. La plupart des gens qui voyagent peuvent aller en Italie pour aller ensuite au Maroc (sans transition, ça je ne comprendrais jamais). De ce point de vue, je fais partie de ceux qui considèrent qu'ils n'ont pas "faits" Venise ou l'Italie (!!!) mais qu'ils ont juste effleuré une partie et que le voyage n'aura de sens que complété par des lectures et un retour à l'endroit du voyage. Donc, c'est décidé je retournerai cet été à Venise (vers la fin août, il paraît que ce n'est pas la bonne période mais bon, on verra sur place !), non sans avoir bien lu auparavant, pour mieux comprendre ce qui m'a forcément échappé la première fois. En fait, le voyage que je viens de faire était un cadeau (un beau cadeau) et je vais profiter de l'élan dans lequel je suis et des quelques économies conservées au cas où justement pour aller plus loin dans ce que j'ai entrevu. Je vous tiendrais au courant. En attendant, je vous laisse (presque) tranquille avec l'Italie et je vais vous entretenir d'autres choses dans les prochains billets (soyez patient, j'ai un travail parfois envahissant).

 

 

11.03.2008

Venise la nuit

597685277.JPG607987295.JPG    898233974.JPG     
677107819.JPG               Le soir venu, c'est littéralement un flux de touristes fatigués et de gens travaillant à Venise qui part vers la direction de la gare. Les habitants sont au chaud chez eux (du moins c'est ce qu'on suppose, sans doute sont-ils tout simplement dans les endroits où ils ont leurs habitudes), quant aux touristes à l'hôtel, ils sont soit rentrés dans leur demeure provisoire soit déjà à l'intérieur d'un des restaurants de la ville. En fait, on ne voit presque plus personne aller dans la direction de la place saint Marc et il y a quelque chose d'exaltant à remonter le courant pour prendre en quelque sorte possession d'une ville qui nous semble offerte sur un plateau.  Peut-être est-ce une illusion, après tout la ville ne peut appartenir à un simple homme de passage mais on est récompensé d'errer ça et là, alors que d'autres, partis, passent à côté de l'essentiel. On voit des choses: des ruelles étroites illuminés, des vitrines qui prennent une nouvelle personnalité avec la tombée de la nuit. Pas de voiture, l'eau toujours quelque part se rappelle à notre bon souvenir au détour d'un itinéraire qu'on a trouvé en suivant de simples nuances de clair-obscur.  On a beau être fatigué, on veut voir encore puisqu'on est là pour cela mais sans se presser non plus, en cherchant à emprunter à droite et à gauche un peu d'ombre ou de lumière. J'ai davantage vu la vraie Venise en me promenant ainsi au début de la nuit que la journée (du moins la première), peut-être parce que, les gens partis et les magasins fermés, il n'y avait plus que la ville à voir.

10.03.2008

Venise, première (et déjà deuxième) impression

337415911.JPGAprès Rome et Florence, dernière destination avant de reprendre le train pour Paris puis Lille: Venise. Paradoxalement, on ne va pas d'abord à Venise pour voir Venise mais pour retirer un cliché qu'on a forcément sur la ville. On l'a vue tant de fois en photo, à la télé que forcément on croit savoir ce qu'il en est alors que c'est loin d'être le cas. Il faut dépasser la première approche (ce qui ne peut se faire en une journée, pas de bol - beaucoup de gens n'y vont qu'une journée !) qui fait de cette ville une sorte d'attrape touristes - à moins que justement on ne s'y comporte pas en touriste et qu'on ait l'intelligence de ne pas s'attarder sur les lieux où la plupart des gens vont.

 

Comme je suis un très grand naïf (et que je n'avais retenu de mes lectures que l'aspect culturel - du genre où voir Bellini à Venise ?), je pensais qu'il y avait beaucoup de boutiques à Rome (logique, c'est la capitale), un peu moins à Florence (proportionnellement à Rome bien entendu) et encore moins à Venise. Je m'étais royalement planté sur ce coup là et la "route" qui va de la gare à la place saint Marc est en fait une artère commerciale qui se subdivise au fur et à mesure que l'on approche de la place saint Marc. Boutiques de masques, vendeurs de nourriture en tout genre mais aussi de grandes marques de prêt à porter: Armani, Dolce et Gabbana (souvenir d'un costume avec des baskets flash et une ceinture assortie, l'ensemble étant hors de prix et, soyons honnête, pas de très bon goût), ... etc., il y en a pour toutes les bourses depuis le marchand de souvenirs (et les éternels articles de mauvais goûts) jusqu' au prêt à porter de luxe. La plupart des touristes semble enchanté de ce côté ville-shopping, remarquez cela a un intérêt, du coup, ils ne dévieront pas de l'axe Gare-Saint Marc-Rialto. Mais au fur et à mesure que l'on reste dans la ville, on ne fait plus attention au énième vendeur de bracelet de Murano (à 5 euros) ou de masques pour chercher davantage celui qui vend des choses plus originales: gravure de Venise, papier marbré de Venise (le fameux !), librairies proposant des livres d'art introuvables en France pour certains. On reste songeur face à la manne financière que doivent se faire certains marchands, manne qui n'a pas l'air d'aller, ne serait-ce qu'en partie, à la restauration de la ville ou à la sauvegarde d'un certain bien-être des vénitiens. Un tourisme un peu plus responsable de ce qu'il visite (même de masse et je dirai surtout de masse), est-ce une utopie ? Quand on laisse de l'argent à un musée, une église, un monument historique, on sait où va l'argent mais sinon ?

 

Tiens, d'ailleurs, tant que j'y suis, j'aimerais signaler un blog très instructif sur Venise, c'est celui de Lorenzo, il s'appelle TraMeZzinimag, on y apprend bien plus de choses qu'à la lecture du meilleur des guides touristiques - rien ne peut remplacer le point de vue de quelqu'un qui réside une partie de l'année (si j'ai bien compris) et qui donne une autre vision sur la ville que celle du passant d'un jour (la difficulté pour les habitants d'y vivre, la disparition progressive des commerces de quartier remplacée le plus souvent par une boutique de masques ...etc.).   

 

Je reprends, Venise, c'est beau, c'est bien, encore faut-il dépasser le cliché. Pour cela, aller d'emblée aux endroits où tout le monde va pour ensuite passer à ceux où moins de monde s'attarde. Donc pour la première journée, place saint Marc, pont du Rialto, promenade aux alentours qui laisse soupçonner selon les endroits où on est prêt à s'égarer une autre Venise où on découvre des façades, des ruelles, des détails (les boutons de porte par exemple). Moins spectaculaire que la place saint Marc ou le pont du Rilto (bombardé de photos par les gens, dans le genre j'ai  vu une américaine se faire photographier en train d'ouvrir la porte du Harry's Bar) mais plus envoûtant à la longue. Comme quoi la première impression n'est pas forcément la bonne !  

 

 

07.03.2008

Une journée et demie à Florence

366152758.JPG1186284471.JPGJe ne serai pas très long sur Florence. A peine deux jours, c'est bien court pour saisir quelque chose à l'esprit d'une ville. Surtout qu'arriver un dimanche, c'est forcément avoir affaire à plus de gens (des touristes, des italiens et des vendeurs à la sauvette). C'est forcément aller aux Offices (le lendemain c'est lundi et les Offices sont fermées). Faire la queue (pas trop longue mais c'est dimanche et il y a quand même plus de monde) pour aller contempler quelques oeuvres célèbres. En arrivant vers midi, on a déjà une première journée d'achevé.

 

Heureusement, il y a beaucoup de choses à voir en extérieur ! La cathédrale Santa Maria del Fiore, plus prosaïquement appelé le Duomo, le baptistère et sa porte dorée ( 3 euros l'entrée pour voir les mosaïques), le campanile de Giotto forment un ensemble impressionnant (qui domine par sa masse une place aux dimensions modestes, comme si elle avait été littéralement envahie par le religieux). On peut visiter gratuitement l'intérieur de la  cathédrale et on se fait la réflexion que décidément on a mis le paquet sur l'extérieur et qu'à l'intérieur, c'est plus modeste (même si cela vaut le détour, je ne dis pas l'inverse). Une partie ( à l'extérieur) était en restauration et je me suis dit qu'avec ce fond blanc, c'est une restauration quasi permanente qui s'imposait. Tous ces monuments résisteront-ils à la pollution ? C'est une pensée terrible qui vous assaille lorsque vous visitez de tels endroits dans le monde, de tels monuments ont résisté à bien des choses mais n'ont sans doute pas été conçus pour résister à la pollution. 

J'ai eu la chance de comprendre (enfin je crois) quelque chose. Quand il fait beau et qu'on a un beau ciel bleu (comme sur la photo), les rosaces qui ornent toute la cathédrale captent le bleu du ciel, ajoutant une couleur en apparence absente mais en réalité bel et bien prévue. Ils n'étaient pas bêtes à l'époque quand même !

 

 

Dernier coup d'oeil aux ruines, dernière note romaine

1966078697.JPGOn pourrait se demander quel intérêt il peut y avoir à se promener dans ce qui n'est au fond que des ruines. D'ailleurs à voir les choses sous cet angle, on pourrait se dire qu'il nous reste bien peu ! On doit parfois à la sagesse d'un pape la préservation de certains endroits (ainsi le Colisée préservé car décrété lieu des martyrs, alors qu'aucun chrétien n'y fut martyrisé), on doit à la volonté chrétienne d'autres papes la disparition ou la réutilisation d'autres vestiges (eux au moins avaient le sens du développement durable, ils prenaient du romain antique pour faire du catholique). Dans Rome, un peu partout on peut trouver un livre flanqué de son DVD (pas terrible d'ailleurs ce DVD) Rome reconstruite (je n'ai pas le livre sous les yeux mais je crois que c'est le titre). On y voit les ruines dessinées et en superposant une page, on reconstitue le monument tel qu'il devait être à l'origine.

 

Se promener parmi les ruines, c'est en effet faire l'effort mental de reconstituer ce que cela devait être à l'origine. Pas évident - autant le dire. on finit d'ailleurs par regarder les ruines comme ruines et à mieux saisir pourquoi l'imaginaire romantique a été frappé par ces restes saisissants. On les regarde également contraster  avec tout ce qui s'est construit aux alentours, des édifices religieux aux routes contemporaines en passant par les chats qui ont fait des parties non visitables par les humains des havres de paix pour un sommeil temporaire. Ce sont d'ailleurs peut-être les chats qui ont le mieux compris ces ruines, sorte de civilisation en sommeil qu'on ne peut atteindre qu'en sommeillant à son tour.

 

Avec cette note s'achèvent les quelques instantanés romains de mon voyage. A suivre: Florence et Venise.

 

03.03.2008

La basilique saint Pierre au Vatican

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317364529.JPG                                                                                                                          636873151.JPG                 

Ne croyez pas complètement les gens qui disent que la basilique saint Pierre est impressionnante, ils ont à moitié raison, à moitié tort. Je m'explique. La basilique saint Pierre est immense certes, mais tout est tellement bien proportionné que mis à part la hauteur de la basilique dont on se rend bien compte, on pourrait avoir l'impression qu'elle n'est pas si grande que cela. D'où une (fausse) déception qui peut attendre celui qui croit rentrer au coeur d'une des plus grandes basiliques de la chrétienté: c'est avant tout un triomphe de la géométrie ! La proportion a pris le dessus sur le sepctaculaire.

 

Ceci étant dit, ce singulier effet de non-grandeur invite forcément le regard à compenser sa frustration en regardant plus haut, là où les choses se passent (surtout pour un chrétien !). La coupole centrale est immense et la photo du milieu ci-dessus (particulièrement réussie) vous montre la mini coupole qui vient parfois "chapeauter" (c'est le cas de le dire !) les grandes coupoles. J'ai passé mon temps dans les églises à admirer ces mini-coupoles (je ne connais pas les termes techniques et j'emploie ici un vocabulaire de non spécialiste) que je trouve être une invention géniale en terme de luminosité. Essentiellement parce que lorsque la luminosité ne touche pas/plus la grande coupole, elle reste présente dans la mini coupole. Une sorte de traduction architecturale immédiate de la présence divine qui reste présente le plus longtemps en haut (tandis que le bas au fur et à mesure que la journée avance voit sa luminosité progressivement disparaître). Une sorte de "supplément de lumière" (au sens où l'on peut dire supplément d'âme).

 

Je me suis fait la réflexion que le touriste qui passait rapidement dans une église dans le seul but de jeter un coup d'oeil avait peu de chances de bien comprendre cela  - à  moins de venir plusieurs fois dans la journée pour regarder comment le luminosité change l'intérieur de l'église.  Bien entendu, quand on fait un voyage de quelques jours dans une ville, on cherche à en voir le plus possible et c'est compréhensible. Cela pourrait paraître un peu étrange de revenir plusieurs fois au même endroit. Reste que l'on prend le risque de rien voir du tout (ce qui m'est probablement arrivé en partie pour certains endroits, je ne m'exclus pas de cette constatation !).

02.03.2008

La mosaïque des athlètes au Vatican

309131555.JPGTerminons l'épisode des musées du Vatican par le bas après avoir commencé par le haut en parlant  des somptuex plafonds. La mosaïque des athlètes qui ornaient les sols des gigantesques thermes de Caracalla se trouve au Vatican. Voici ce qu'en dit Wikipédia:

Les thermes de Caracalla étaient décorés de riches mosaïques : parmi elles, on a retrouvé la célèbre mosaique sur laquelle ont été reproduits différents athlètes vêtus de leurs costumes caractéristiques, nantis de leurs agrès de compétition et tenant près d'eux les prix de leurs victoires. Elle fut découverte durant les fouilles de 1824 dans les exèdres des palestres et transféré au Musée du Vatican.

 Le lien pour en savoir plus: ici

J'ai été étonné de constater que contrairement à ce que je croyais, il n'y avait aucune idéalisation des hommes représentés : est-ce parce qu'il s'agit d'hommes réels ? J'avoue mon ignorance là ... D'autant plus que je n'ai pas visité les thermes de Carracala à Rome - ce sera pour une prochaine fois - où j'aurais peut-être eu un élément d'explication. Si quelqu'un connaît la réponse, qu'il n'hésite pas à me laisser la réponse en commentaire ... Toujours est-il que ce sont des athlètes, bien constitués mais nullement beaux, du moins pas de cette beauté que l'on retrouve souvent dans la statuaire grecque et romaine. Et même à y regarder de plus près, certains athlètes semblent un peu caricaturaux: un corps bien fait, athlétique donc, mais déserté par toute lueur d'intelligence. Un air benêt, des apparences pour certains de brute épaisse mal dégrossie. Toutes proprortions gardées et il s'agit d'une analogie, ces athlètes m'ont fait penser à certains sportifs d'aujourd'hui - excellant dans leur discipline mais déclinant des banalités devant un micro. Ces mosaïques sont-elles aussi modernes que je les crois ? Si c'est le cas, il ne faudra pas dire que les romains étaient en avance sur leur temps comme on le dit parfois (d'eux ou d'autres civilisations sur tel ou tel point précis)  mais que c'est plutôt nous qui sommes en retard sur le leur !

29.02.2008

Voyager pour se décentrer

215323984.JPGPetite pause dans le récit de mes découvertes vaticanes (non sans mettre quand même en regard de ce texte une gigantesque tête siégeant dans la cour de la pomme de pin au Vatican) pour vous livrer l' impression finale de ce voyage qui va me hanter encore quelques jours jusqu'à ce que la quotidienneté reprenne complètement ses droits. Beaucoup de choses en tête et surtout beaucoup en moins. Un peu comme une valise où l'on est obligé de réduire à l'essentiel ce que l'on emporte, ce voyage a en quelque sorte retiré le superflu, déplacé les pôles d'intérêt qui étaient les miens avant de partir, en a amené de nouveaux qui se superposent aux anciens pas encore effacés, cherchant une alchimie nouvelle. C'est cela le rôle un peu caché des voyages, nous décentrer pour mieux nous recentrer.

 

Je me suis promis, à peine revenu en France, de revenir et à Rome et à Venise. Ces villes qui me paraissaient si lointaines ne sont qu'à quelques heures de train depuis la gare de Paris Bercy. On s'endort dans le train, on y dort mal peut-être mais on y dort quand même et on se réveille ailleurs. C'est possible, c'est la première chose que j'ai retenu de ce voyage (la quotidienneté, elle, gomme tous les possibles pour nous réduire aux préoccupations qui se présentent à nous avec tant d'empressement qu'elles finissent par constituer notre monde quotidien, une sorte de caverne platonicienne dont on finit par ne plus sortir par paresse). 

 

Deuxième enseignement qui est aussi celui de tous les voyages: mis en présence de grandes choses (et à Rome et Venise, ma foi on est servi), on a l'idée de grandes choses. Je me suis dit, rêve fou et même pas envisageable, ne serait-ce que financièrement, pour le moment: et si je retournais plus souvent et à Rome et à Venise ? Et autrement, cette fois-ci, plus en découvreur, non, en ayant bien lu et relu avant, être incollable par exemple sur les thermes de Caraccala et les peintures de Bellini avant d'y aller et, dans l'idée d'y chercher, d'y trouver quelque chose (plus en touriste mais plutôt en homme de savoir).  J'ai osé tracer une ligne imaginaire faisant l'axe Lille-Venise-Rome, une sorte de route encore confuse qui pourrait devenir plus concrète par un projet de recherche universitaire, d'enseignement (qui sait ?), de projet culturel. Je me suis dit: il y a quelque chose qui pourrait se faire. Je mets le projet juste apparu  dans un coin de ma tête avant que des préoccupations de la quotidienneté viennent l'enfouir. L'essentiel est qu'il soit né. L'idée cheminera dans mon esprit jusqu'à prendre une forme plus concrète.

Ce qui est certain, en attendant, c'est que j'ai ajouté à ma pile de livres sur la science-fiction et la philosophie grecque et arabe des livres sur Venise. Ne vous étonnez pas si je vous en parle à l'occasion.

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