09.05.2009

Livre dernièrement lus

Je n'arrive pas à écrire aussi souvent que je le voudrais. Cela fait plusieurs jours que je veux mettre quelque peu à jour ce blog et pas moyen d'y arriver. Quand je me mets devant mon PC (pas tout le temps)  je fais d'autres choses. Et bien entendu, je vis. Je fais du violoncelle, du karaté, je travaille, je lis. Bref autant de choses qui remplissent facilement vos journées. Sans compter celles que je n'évoque pas ici. Comme l'avait fait le camarade Nébal une fois, je vais vous entretenir de mes dernières lectures - en bref. C'est une façon pour moi de garder un lien avec ce blog que je n'ai pas l'intention de laisser tomber même s'il m'est parfois difficile de le tenir régulièrement à jour.

oiseau moqueur sean stewart.jpgL'oiseau moqueur de Sean Stewart. La bibliothèque   municipale de Lille a eu la bonne idée de l'acheter. Je l'ai lu. Ouvrage envoûtant. Pourtant il ne se passe pas grand chose dans ce livre. Une femme enterre sa mère qui avait un don qu'on découvrira vite. La fille l'a aussi. Elle va devoir l'admettre et en même temps admettre sa mère contre qui elle s'est en quelque sorte construite. La description que je fais de ce roman paraît psychologique mais en fait il n'en est rien. Le roman est passionnant, l'auteur a vraiment l'art de vous planter une atmosphère, des personnages crédibles là dedans et il n'y a plus pour le lecteur qu'à lire et tourner les pages. Je me suis fait la réflexion en lisant ce livre qu'au final une histoire n'a pas forcément besoin d'être complexe, racoleuse pour être lue. Il faut surtout qu'elle soit bien racontée.

 

 

 

  

Couv200-12.jpgJ'avais oublié l'existence de ce roman de Silverberg jusqu'à ce qu'il paraisse en poche. Comme cela arrive parfois (les mauvaises langues diront souvent) chez Silverberg, ce n'est pas raté bien entendu mais ce n'est pas extraordinaire non plus. Juste correct. Il s'agit d'une uchronie, Silverberg imagine que l'empire romain ne s'est pas effondré et qu'il a perduré. L'auteur prend habilement des instantanés de certains moments qui sont datés soignusement en AUC (ab urbe condita: depuis la fondation de la ville), en fait, on a une succession de nouvelles plus ou moins réussies qui comme c'est souvent le cas font des clins d'oeil à notre histoire (on sent que l'auteur s'est fait plaisir sur ce coup là). C'est ainsi que le prophète de l'islam apparaitra dans une nouvelle sans pourtant contrarier la continuité de l'histoire romaine. Autre clin d'oeil : une histoire se déroulant à Venise - autre empire postérieur à Rome dans notre histoire -  une Venise romaine, ce qui étonne car s'il y a bien une ville d'importance en Italie qui n'a presque rien de romain, c'est bien Venise (avec la notable exception de la statue de la tétrarchie à l'angle de la basilique St Marc).  Si les nouvelles du début du roman sont plutôt réussies (Avec César dans les bas fonds ), on sent l'essouflement vers la fin: que dire d'un empire romain qui aurait duré jusqu' à aujourd'hui ? Qu'il passerait par des crises, des métamorphoses. Et une fois dit cela que dire de plus ? On sent que Silverberg n'est pas Asimov dans ce roman et qu'il ne peut pas pousser trop loin l'idée d'une civilisation mortelle ou pas. Ou qu'il ne le veut pas. Sans être raté, Roma aeterna aurait pu être plus fou, plus vertigineux. C'est au final une livre relativement sage. Qu'on emportera dans sa valise lors des prochaines vacances parce qu'il n'est pas trop exigeant et ma foi divertissant.

 

 

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 Si j'ai lu Janua Vera, c'est d'abord parce qu'il a eu le prix du Cafard cosmique en 2008 (cette année c'est Whittemore dont je vous ai déjà dit tout le bien que je pensais et en 2007 ). C'est déjà en soi un argument. Le fait qu'il soit en poche était un argument imparable pour le lire au plus vite. Cette suite de nouvelles qui puise à différentes inspirations, les pastichant tout en créant du neuf (exercice quand même difficile) est une agréable surprise et n'a pas volé la reconnaisance du vénérable cafard. Les huit nouvelles  nous promènent entre le ton épique  (première nouvelle qui porte d'ailleurs le nom de Janua Vera se se fend clairement d'un extrait de St John Perse en exergue), le roman de Chrétien de Troyes, l'ambiance florentine qu'un Machiavel n'aurait pas désavoué. La promenade est agréable et on se surprend à en redemander. Ce qui soit dit en passant ne sera pas trop difficle, vient de paraître Gagner la guerre qui se situe dans le même royaume imaginaire aux Moutons électriques.

  Voilà, je vous laisse ici pour aujourd''hui et j'espère ne pas  m'absenter trop longtemps  d'ici la prochaine note. Merci à ceux qui laissent un commentaire et merci pour votre patience !

22.02.2009

John Varley "Gens de la lune"

varley Gens de la lune.jpgLe livre de John Varley Gens de la lune sans être une franche réussite n'est pas non plus un livre complètement raté.  Ben oui, il y a des livres comme ça qui sans être forcément géniaux se laissent lire sur des dizaines de pages avec beaucoup de plaisir puis un peu d'ennui puis à nouveau un peu de plaisir. Ce livre en fait partie et du coup, il n'est pas évident de le recommander ou au contraire de le déconseiller.

Les premières lignes, volontairement provocatrices, mettent d'emblée dans l'ambiance: "Dans cinq ans, le pénis sera obsolète , déclara l'attaché commercial." On se demande d'ailleurs au passage si John Varley n'a pas fait un pari avec quelqu'un pour figurer au concours des premières lignes d'un roman les plus aguicheuses. Mais passons.

Un personnage principal attachant. Hildy. Le fait qu'il/elle change de sexe nous vaut quelques pages intéressantes sur ce que cela change d'être un homme ou une femme. Par exemple: Pour tout dire, il me semble que si une femme peut porter à peu près n'importe quoi, il y a tout un tas de vêtements dans lesquels un homme a l'air d'un idiot. Exemple type: la robe fourreau, le genre qui descend aux chevilles, éventuellement fendue jusqu'au genou. mettez-la sur un corps d'homme et le pénis rompra d'une bosse cette ligne fluide (...) ce type précis de vêtement a été conçu pour mettre en valeur les lignes d'un corps féminin, des courbes et non des angles.

 

Le fait que notre personnage se cherche tout au long du roman est un point fort du livre car le lecteur est entraîné dans les contradictions de la société lunaire dans lesquelles on déambule durant près de 872 pages (de poche). Mais on a du mal parfois à voir où l'auteur veut en venir et en finir et on se lasse au détour de quelques pages, comme si le roman manquait quand même d'un peu plus d'unité. Alors bien sûr, il y a l'humour ravageur de John Varley et quelques répliques culte du style:

- Tu veux venir ?

- Franchement, Hildy, je crois que j'aimerais encore mieux regarder sécher du plâtre. 

Il y a des passages marrants, d'autres assez fun mais cela n'empêche pas le lecteur d'écraser un baillement de temps à autre. Donc à vous de voir. C'est peut-être un livre à lire durant l'été, le style de livre qu'on laisse et qu'on reprend au gré de ses envies. A vous de  voir.

04.01.2009

"La séparation" de Priest

Priest La séparation.jpgOù est au juste la séparation ? Dans ce que nous lisons qui semble s'être séparé de la version officielle de l'histoire ? Les jumeaux qui se sont séparés en suivant des chemins opposés ? La négociation d'une paix séparée ? A moins que quelque chose d'autre nous ait échappé  ? Ce qui est bien avec Priest et je l'ai constaté aussi bien avec Le Prestige que La Séparation (je me limite bien entendu aux textes récents), c'est que cet auteur ne cède jamais à la facilité. Écrire ce qui semble être dans une première approche un énième récit qui se déroule aux abords de la guerre 39-45 et le rendre intéressant, osons même dire captivant, c'est déjà pas mal. Mettre en sourdine un petit quelque chose de troublant, quasi malsain qui nous fait dire qu'il y a quelque chose qui cloche, c'est encore mieux. Faire en sorte que son lecteur se dise jusqu'aux dernières lignes: mais comment va-t-il faire pour s'en sortir ? C'est quoi le fin mot de tout cela ? Là, c'est du grand art.

 

La Séparation est un roman qu'on a du mal à lâcher une fois bien entamé. Parce qu'on veut savoir comment le prestigitateur Priest va s'en sortir. Et bien entendu Priest ne s'en sortira pas comme on s'y attendait. Et c'est là le plus important.

Ne pas rater une fois le livre lu la chronique ici en attendant que le vaillant Nébal s'y colle.

Prochain compte-rendu à venir: Delany et Varley.

Et bien entendu une bonne année 2009 à ceux qui me lisent.

30.12.2008

Terror de Dan Simmons

lafterreur.jpgIl y a une certaine indécence non dénuée de volupté (même pas honteuse) dans le fait de lire le gros pavé de Dan Simmons Terror bien au chaud sous les couvertures alors qu'au dehors il fait, à tout casser, -5°C - ce qui somme toute est fort éloigné des températures arctiques dont il est question dans ce livre. Terreur nous raconte en effet sur près de 700 pages l'histoire d'un échec total et tragique : celui de l'expédition (dite expédition Franklin) de deux navires - le HMS Terror et HMS Erebus  - qui quittent triomphalement le Royaume Uni en 1845 pour explorer l'arctique  (je simplifie là) pour s'y retrouver finalement coincé sans espoir de retour. A la pression de la glace sur les navires (qui fait que l'équipage ne peut attendre un improbable dégel) s'ajoute très vite une découverte affreuse: les boîtes de conserve sont impropres à la consommation (plus tard, on parlera de plomb et de saturnisme, cette maladie qui provoque entre autres des crises d'hallucination ...)

Voilà le décor est planté et tout le reste du roman nous décrira le quotidien glacial de ces hommes dans lequel intervient (mais est-on dans la réalité ? Ou est-ce un fantasme né de la privation de nourriture et du froid extrême ? Du saturnisme ???) une bête qui (comme si cela ne suffisait pas ...) décime les survivants. Beaucoup de compte-rendus sur internet insiste sur cet aspect du livre et parle d'horreur (de fait, Simmons a bien intitulé son livre Terror) mais on serait dans l'erreur en croyant que nous sommes dans un roman du style Stephen King. Ici ce qui fait l'horreur c'est la lente descente aux enfers, décrite minutieusement par l'auteur avec un luxe de détails. On sait très bien comment l'histoire va finir, on sait que les hommes vont tout faire pour garder jusqqu'au bout une part d'humanité (admirable au passage sont les pages où l'on voit le capitaine Crozier se plier au rite de la cérémonie religieuse en lisant une page du Léviathan de Hobbes dont on connaît le pessimisme sur la nature humaine) et résister au cannibalisme mais on lit, fasciné, par cette histoire pourtant prévisible de A à Z (ou presque).

Terreur est bien écrit et traduit. Le lecteur est invité à être plus intelligent qu'il n'est (le signe des bons livres) et à se familiariser avec le langage de la marine et du monde arctique si ce n'est pas le cas (prévoir un dictionnaire pas trop loin de soi au début ). Il achèvera sa lecture en se disant qu'un de ces quatre, ce serait bien qu'il lise Tragédies polaires de Pierre Vernay comme lui conseille le traducteur (deux mini bibliographies achèvent le livre, une de l'auteur et une autre du traducteur - une attention  franchement bienvenue pour le lecteur qui a envie d'en savoir plus). A une époque où l'on parle de fonte des glaces et de  domaines  exploitables, il est bon d'aller à contre courant et de se rappeler à quel point l'arctique  est une terre inhospitalière (avec ou sans créature blanche !).

17.03.2008

"Je suis une légende" et Charlie Jade

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Bon, je ne vous en avais pas parlé auparavant mais j'ai vu Je suis une légende, le film adapté du livre de Matheson. Et pour être honnête, autant dire que ce n'est pas terrible. Franchement, je ne vois pas trop l'intérêt de cette adaptation - mis à part, rêvons un peu, de donner à lire le livre de Matheson. Evidemment, je suis un peu coincé pour m'expliquer car il faudrait que je vous parle de la fin du film et de celle du livre qui divergent. Or,  je ne supporte pas de raconter la fin d'un livre (quel intérêt de le lire sinon ?) ou d'un film (à moins que ce soit un navet intersidéral mais ce n'est quand même pas le cas ici). Donc, sans trop en dire, disons que la fin du livre est plus intelligente et ne sacrifie pas au happy end de rigueur mais distille quelque chose de plus angoissant. La fin du livre comme du film explique le titre (Je suis une légende) mais avec plus d'intelligence et de subtilité du côté livre que du côté film. Enfin, le chien n' a pas du tout le même rôle dans le livre et dans le film et question subtilité, c'est le livre qui l'emporte. Bref, adapter Je suis une légende, pourquoi pas, et on se doute que la problématique de cette adaptation était de donner un peu de matière au livre (pas trop épais), donc il fallait faire des choix. mais la moindre des choses aurait été  de respecter au moins la fin du livre au lieu d'en substituer une plus formatée aux goûts du téléspectateur moyen (mais ne le crée-t-on pas à force de lui donner à voir des films formatés ???).

 

1336814343.jpgSinon, je suis en train de regarder le début de Charlie Jade (20 épisodes en tout) et ça me plaît bien plus (pourtant c'est un série télé et non un film "grand spectacle"). Evidemment, il y a des emprunts à l'esthétique de Blade Runner (mais qui n'a pas piqué un peu à Blade Runner ?) . L'aspect clip peut énerver et d'autres détails (que je passe sous silence pour faire bref) n'en font pas un chef d'oeuvre absolu. Reste que cette histoire d'univers parallèles est plus plaisante car moins formatée que Je suis une légende dont je vous entretenais plus haut. Si vous avez l'occasion de voir les deux premiers épisodes, vous saurez vite si vous aimez ou non. N'hésitez pas.

06.11.2007

"Le goût de l'immortalité" Catherine Dufour

0585208e761f4fe9a53310b0c3d9e46b.jpgPour six euros (ou moins si votre libraire pratique la réduction de 5 %), on peut trouver en librairie un vrai petit bijou. Son titre: Le Goût de l'immortalité.  Achetez-le avant qu'il ne soit plus disponible (les titres en poche ne sont pas éternels non plus), à la limite achetez-le pour le lire plus tard. Vous ne le regretterez pas - foi de spitz japonais.

 

 

La quatrième de couverture nous informe que ce roman a reçu de nombreux prix. On comprendra pourquoi en le lisant (et assez vite d'ailleurs, pas besoin d'attendre la fin du livre pour en sentir sa qualité). Ne sachant comment appâter le lecteur potentiel, la quatrième de couverture (ma bête noire, ceux qui me lisent depuis un moment le savent) vante un roman étrange - comme si les qualificatifs habituels de rigueur (du style: un space opera époustoufflant !) ne pouvaient correctement cerner Le Goût de l'immortalité. C'est déjà un bon premier signe: la quatrième de couverture est embarassée devant l'oeuvre qu'elle est censée vendre.

 

Le Goût de l'immortalité est une longue lettre écrite par une dame âgée qui a un style un peu suranné, précieux mais en même temps élégant avec des formules désabusées et concises comme: "A mon âge la culpabilité, si elle existe, n'est qu'une façon comme une autre de tromper l'ennui". Catherine Dufour affirme avoir pastiché entre autres Les Mémoires d'Hadrien de Yourcenar mais on sent de nombreuses autres influences (j'ai reconnu entre autres Tchouang Tseu), la plus ironique étant , je trouve,  celle des moralistes du 17ème siècle (il y a un petit côté La Rochefoucauld derrière certaines phrases) . Toujours est-il que c'est diablement bien écrit, on se surprend parfois à s'arrêter sur une phrase bien tournée, pleine de finesse et d'esprit - ce qui fait d'ailleurs que la noirceur de l'histoire est en quelque sorte neutralisée par l'écriture (et c'est peut-être ça le goût de l'immortalité, l'antidote aux horreurs que l'on va lire, non ?) .

 

J'ai lu à droite et à gauche que le livre de Catherine  Dufour était noir, qu'il confinait à quelques endroits à l'insoutenable. Moi qui suis une âme sensible  incapable de regarder un film avec un enlèvement d'enfant (on ne se moque pas), j'avoue ne pas avoir trouvé l'histoire si noire que cela. Ou pour être plus exact pas noire au point que j'en vienne à lâcher le livre et à le reprendre le lendemain ou des jours après. Même s'il y a des horreurs qui nous sont racontées (elles nous sont annoncées dès les premières pages du roman), elles sont en quelque sorte neutralisées comme je le disais plus haut par une écriture intemporelle. On se laisse porter par les périodes régulières, parfois un peu académiques, de l'écriture et les horreurs rapportées ont un goût de Sic transit gloria mundi - racontées par un historien plus intéressé par son style que ce qu'il raconte. Pour prendre une analogie qui vaut ce qu'elle vaut, c'est un peu comme quand on lit Suétone nous racontant les perversités de l'un des douze césars - on aurait tendance à oublier que c'est de l'histoire et à le prendre comme un élément de fiction auquel on ne croit qu'à moitié. Il y a un peu de cela dans Le Goût de l'immortalité de Catherine Dufour.

 

Pour rester fidèle à mes habitudes, je ne vous raconterai pas plus le détail de l'histoire, je vous laisse le plaisir de la lecture et de sa découverte. A la différence de Suétone, le roman de Catherine Dufour se déroule ni dans le présent ni dans le passé mais dans le futur. Ce n'est pas évident de bâtir une histoire dans le futur. On risque toujours le ridicule si le moindre élément n'est pas crédible. Or, là, tout est crédible. Celui qui est cultivé dans le domaine de la SF saura reconnaître des variations sur les romans d'anticipation de Brunner ou plus évident  encore Les Monades urbaines de Silverberg, le tout réactualisé avec les dernières inquiétudes écologiques et économiques. Ces variations SF venant s'entremêler à des pastiches littéraires font du livre de Catherine Dufour un point de recontre entre la littérature dite blanche et celle d'anticipation - un objet rare donc comme je vous disais.

 

En bref, plutôt que d'aller acheter aveuglément le dernier prix Goncourt, tentez une aventure à six euros (voire moins), lisez  Le Goût de l'immortalité. Vous ne le regretterez pas.

03.11.2007

Deepsix de Jack McDevitt chez Le cafard cosmique

a565e793cec5f503c76eac7b6c24ed97.jpgLe spitz japonais aime bien Jack McDevitt mais il a trouvé Deepsix un peu moins bien que Les Machines de Dieu. Il s'en explique . Voilà (ce sera tout pour aujourd'hui, il faut savoir faire bref parfois).

15.10.2007

Nouvelle critique chez le cafard cosmique

f8205b6543d7503f9a4732ada83909cf.jpgIci, vous trouverez mon compte-rendu de La Trilogie de Timmy Valentine, trois tomes en Folio SF qui ne méritent pas d'être lus à mon humble avis - mis à part dans le cadre d'une recherche sur un nouveau soporifique ...

01.10.2007

"Un vampire ordinaire" de Suzy McKee Charnas

42a3814ada1443130932b36d6011a34b.jpgJe vous rassure, je n'ai pas abandonné la science-fiction même si je n'en ai pas parlé ces derniers temps. Je vous donne rendez-vous à cette adresse pour lire ma chronique du livre de Suzy McKee Charnas: Un Vampire ordinaire.

26.09.2007

Sunshine et 300

3c196696c838989bf9a87d35130fab19.jpgIl ne sort pas tant de films de SF que ça. Il  sort encore moins de bons films de SF. On pourrait faire une liste impressionnante de films ratés dans le genre si bien que ceux qui sont réussis en deviennent mythiques. C'est le cas de 2001 ou de Star Wars qui ont su donner finalement, chacun dans leur genre, des images au space opera.

 

Tout ça pour dire que j'ai vu Sunshine. Et autant le dire au risque de passer pour un élitiste forcené, je n'ai pas trouvé ça terrible même si j'en ai lu ça et là quelques  avis positifs (assez souvent nuancés cela dit). L'histoire ? Un équipage, à bord d'Icarus II, doit sauver la terre et pour cela, prend la direction du soleil (qui est en train de mourir). Cet équipage va y déposer une énorme bombe nucléaire qui en explosant créera un nouveau soleil. Sept ans auparavant, on avait envoyé Icarus I mais ils ne sont jamais revenus ...

 

Bon, on est d'accord, le résumé ne donne pas envie tant il sonne comme une pâle resucée d'Armageddon. Mais sur ce point, on n'a pas trop à se plaindre, pas de patriotisme exacerbé, pas de poncifs éculés, Danny Boyle s'en sort (relativement) bien: pas de caricature, les points de passage obligés sont pris en douceur (à condition de ne pas faire la fine bouche en matière scientifique mais passons ... s'il n'y avait que ça ...).  En fait, ce n'est pas du tout là que le problème se situe. Le film est hybride et hésite entre plusieurs voies. Quand il choisit finalement, c'est trop tard, on n'adhère plus. Je m'explique:

 

* On a d'abord indéniablement la fascination pour l'astre solaire. Plus Icarus II se rapproche du soleil, plus c'esteb852ef11be4ca24a376e6515751cc4c.jpg dangereux pour l'équipage. Le film restitue cela assez bien (on sent cependant l'influence de Solaris de Soderbergh qui sur ce point constitue toujours LA référence indépassable) - quitte par moment à se transformer en démo d'effets spéciaux de luminosité.

 

* Après avoir eu sa petite période contemplative (du style Icare: ne regarde pas le soleil de trop près sinon il te crame les yeux), on s'oriente vers la découverte d'un vaisseau spatial à l'abandon (Icarus I). Nouvelle direction prise. Gros ponçif de SF. Perte d'unité d'action en vue.

 

* On termine par une mini tuerie de l'équipage plutôt irrationnelle (ledit équipage n'a même pas la présence d'esprit de rester au moins deux par deux et ils se font tous  tuer sagement comme des lapins). Troisième direction. Celle de trop.  On va rassure la Terre est sauvée, mais quelque part on s'en fout. On en veut au réalisateur d'avoir pompé à droite et à gauche dans les poncifs SF sans avoir réussi à avoir un résultat qui se laisse au moins regarder sans déplaisir à défaut d'y adhérer.

 

Si je résume, un film avec quelques belles images de luminosité. Déjà que j'avais apprécié moyennement The Fountain en dépit de l'aspect trip visuel,  là j'ai la sensation d'avoir  vu le film qui ferait passer The Fountain pour un chef d'oeuvre (sic !). O tempora, o mores !

 

 

6d2ec993b539625b2c9f046091d6685e.jpgDans la série j'ai-envie-de-faire-un-trip-visuel, je ne pouvais rater le film 300 (n'ayant pas vu la BD, tout ce qui suit ne concerne que le film). L'idée de départ en soi n'est pas mauvaise puisqu'il s'agit de remettre au goût la célèbre bataille des Thermopyles. Pourquoi pas: ça ou autre chose ... Sans être d'une exactitude historique absolue (la scène avec la pythie qui est une des meilleures du film ne colle pas tout à fait avec ce que Plutarque et les auteurs de l'antiquité nous racontent), le film s'appuie sur des faits avérés dans la légende de l'histoire (l'expression peut surprendre mais la bataille des Thermopyles confine au mythe). Il est exact que les enfants malformés étaient jetés d'une falaise, il est exact qu'ils étaient 300 (d'après la légende bien sûr, historiquement parlant, sans doute plus).. etc. Par contre deux choses irritent. D'abord cette insistance sur le terme liberté - à croire que les grecs n'avaient que ce mot à la bouche. Bien sûr la distinction entre homme libre et esclave est très importante dans le monde grec - je ne dis pas l'inverse. Mais je suis loin d'être sûr que les grecs faisaient le guerre pour la liberté. La gloire (comme écrit sur l'affiche), le fait d'avoir son mentionné bien après sa mort - ça ce sont des motifs bien plus grecs.

 

Les perses vus comme des affreux étrangers portant toute la sauvagerie orientale - là aussi c'est forcé. Même si la a902d00a4f08ece11ca97b6bd0c310d8.jpgdébauche visuelle peut sembler tout autoriser, on a du mal à croire que les perses avaient faits des stages à Shaolin. D'ailleurs, je crois que si les perses étaient perçus par les grecs comme des barbares, c'était des barbares bien connus des grecs au fond (surtout que cette bataille fait partie de la seconde guerre médique). En tout cas mieux connus que les indiens qu'Alexandre le Grand rencontra. Les officiels iraniens (d'aujourd'hui s'entend) paraît-il se sont offusqués de la vision des perses dans ce film. Je ne leur donne pas complètement tort mais on a le droit d'être intelligent quand même: le but était ici de montrer un orient fantasmé à travers le prétexte des perses. Xerxes est à mi-chemin entre le dieu (et rappelons-nous que la Perse, c'est la terre d'où vient Zarathoustra dont le nom était connu des grecs) et l'homme efféminé décadent.

 

Si les grecs (d'après les statues qui nous restent) semblaient avoir un idéal de l'homme bien sculpté physiquement parlant, je ne pense pas qu'ils auraient été jusqu'à un tel bodybuilding non plus qui n'a rien de très crédible ni de beau en matière de goût grec. Si vous ne me croyez pas, jetez un coup d'oeil aux statues grecques représentant des hommes, vous ne verrez pas tant de muscles saillants. Quant au côté féminin de l'histoire (la reine qui couche avec je ne sais plus qui pour avoir le conseil dans sa poche), je n'ai pas bien compris l'intérêt de l'insérer (quant à savoir si une reine grecque prendrait le risque de coucher avec un autre homme que son mari, là je reste perplexe au vue des lois grecques châtiant ce type de forfait).  Un coup d'oeil rapide à la BD originale montre d'ailleurs que ne figurent ni l'épisode ridicule de la reine spartiate ni les muscles saillants.

 

3e6dacb811d9a27f2d1904c9735af1c2.jpgMais oublions toutes ces inexactitudes pour un film qui ne vise pas non plus la reconstruction historique. Là où on empêche le film de décoller, c'est en lui collant une voix off très pénible qui essaye de nous forcer à l'enthousiasme guerrier. Sauf que c'est pas l'enthousiasme guerrier, le ton hautement épique qu'on atteint mais plutôt un résultat pompeux du plus mauvais effet. De quoi vous flinguer tout un film.

 

 

C'est dommage au fond cette voix pompeuse, parce que je vais vous étonner, mais par delà sa reconstruction fantaisiste et ses partis pris  discutables, 300 a un avantage: de sonner un petit peu plus grec que Troie qui, croyez-moi, est complètement étranger à Homère et au monde grec. La guerre de Troie, ce sont les dieux qui se battent via les hommes, aveuglant leurs jugements - ce qui explique leurs grossières erreurs militaires et stratégiques. Retirez les dieux à Troie et vous obtenez une guerre totalement incompréhensible. Ce n'est pas parce que Brad Pitt y joue que ça y changera quelque chose.  

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