16.10.2007
Les français préfèrent les séries (mouais ...)
Le spitz japonais regarde la télé de temps en temps mais il préfère lire ou aller à ses entraînements de karaté. Ce qui fait qu'il la regarde peu. Je ne vais pas jouer au réactionnaire (la télé ce n'est plus ça, avant y avait des documentaires tout le temps et bla et bla), je vous rassure, non, je vais juste vous entretenir de cette fameuse phrase qu'on nous ressort régulièrement et qui a le don de m'énerver : Les français préfèrent les séries.
On a là une phrase circulaire: plus on dit que les français aiment les séries, plus on finit par y croire, plus on produit des séries (de qualité d'ailleurs pour certaines d'entre elles - là n'est pas la question), plus les français les regardent (vu qu'on ne programme presque plus que cela, ont-ils le choix d'ailleurs ?), plus on dit alors que les français décidément aiment les séries, plus on en produit (en y mettant plus de fric encore) ...etc. Ce type de phrase d'ailleurs marche dans pas mal de domaines, dites au journal télé que les chiens sont dangereux, faites régulièrement des reportages édifiants sur la question et hop, les refuges font le plein. Dites que l'insécurité augmente (leçon de 2002) et dans les petits villages paisibles, on vote front national. De là vient mon dégoût pour ces phrases pseudo-universelles qui démarrent par "les français ..." ou pire "les gens ...".
Pour en revenir aux séries, il est évident que les français ne préfèrent pas les séries aux films. Ce qu'ils préfèrent, c'est une bonne série plutôt qu'un mauvais film, ça c'est certain. Et comme il s'est trouvé qu'une baisse de qualité des films programmés en première partie de soirée a été concurrencé par quelques séries mieux faites, les français ont temporairement reporté leur attention sur ces séries. Du coup, des gens super payés en ont déduits que les français préféraient les séries. D'où deux soirées consécutives où l'on programme Les Experts sur la 1 (et son adaptation française complètement ratée qui a permis une déduction aussi magistrale que fallacieuse: les français sont fâchés avec les séries françaises). On n'a pas peur des excès là mais bien entendu, un jour, le public se lassera de la chose (comme c'est le cas pour à peu près tout, faites au JT quinze reportages sur l'écologie, les gens diront qu'ils en ont marre d'en entendre parler - même des tragédies humaines le public se lasse) et un jour, on décrètera: les français sont moins accrocs aux séries; les séries, c'est plus tendance. Et voilà, la boucle est bouclée, restera plus qu'à pondre une nouvelle vérité (forcément provisoire) du style: les français renouent avec les grands films et vous allez voir, ça marchera.
Allez, pour finir, une dernière affirmation: les français aiment le spitz japonais (on ne sait jamais, au cas où ça marcherait).
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31.05.2007
Giulio Cesare de Haendel à l'opéra de Lille
Avant toute chose, on pourra trouver une critique plus professionnelle à cette adresse là. Je le signale car il y a des choses que je ne répéterai pas : elles y sont bien expliquées et en détail (par exemple la mise en scène dont je ne parlerai pas ni du décor mais sur ces deux points c'était très bien dans l'ensemble). En ce qui me concerne, je vais vous livrer mes impressions de spectateur de catégorie 5 qui avait accès à 70 % de la scène (surtout quand le monsieur de devant à la chemise blanche avait la bonne inclinaison) et 100% de la musique. Evidemment, je vais me permettre d'être un peu critique mais je ne voudrais pas que l'on prenne mal ces critiques car au fond ce fut un tel bonheur pour moi de voir autant de gens écouter avec une attention soutenue cet opéra (qu'on se rappelle qu'à l'époque de Haendel, personne n'écoutait trois heures durant un opéra, on venait pour y discuter, manger et les compositeurs rivalisaient d'imagination pour attirer l'attention du public ...) que les petits défauts ne sont rien en face. Il y a eu de grands moments et d'autres un petit peu moins réussis mais les grands moments l'emportaient indéniablement et tout le monde en a eu pour son argent (surtout ceux qui n'avaient payé que 5 €, n'est-ce pas ...)
* Sonia Prina, Giulio Cesare, contralto: mouais ... j'aurais bien entendu préféré entendre un haute-contre mais bon, j'ai fait avec. Reconnaissons qu'elle s'est bien sorti de la suite de vocalises redoutables de la partition mais ça manquait d'âme quand même. C'était techniquement correct mais j'aurais aimé être davantage touché et mis à part quand elle mêlait sa voix à Cléopâtre (les deux duos finaux étaient réussis), c'était un peu fade, mécanique. Le fait d'avoir joué le personnage sur un registre macho n'aidait peut-être pas à dégager de l'émotion. Bref, pas convaincu du tout. J'ai essayé d'oublier les versions de Minkowski, Jacobs et toutes les autres, de les faire sortir de ma tête mais rien n'y a fait. Sur l'air Va tacito e nascosto, ou mes oreilles m'ont joué un tour ou le cor était en petite forme, jouant de moins en moins franchement, et se laissant couvrir par les cordes.
* Anna Christy, Cleopatra, soprano: on lui doit le plus grand moment de l'opéra, celui qui est d'ailleurs un peu attendu au tournant, le fameux V'adoro pupille où Cléopâtre fait sa grande scène de séduction à César. Dans un décor féérique scintillant de l'atmosphère des Mille et une nuits, Anna Christy a su apporter une touche orientale dans ses vocalises gracieux que je n'avais jamais entendue (et pourtant, j'en ai entendu des versions de Jules César !). De tout en haut, j'ai regardé furtivement le public littéralement scotché aux lèvres de la soprano. C'était un instant magique et là le spectacle était total: musique, orchestre, chorégraphie ... tout y était !
* Charlotte Hellekant, Cornelia, mezzo soprano: le rôle dramatique de l'opéra avait de la tenue. Magnifique duo avec l'autre soprano Tuva Semmingsen, Sesto à la fin du premier acte.
* Pour les contre ténor, il y avait Christophe Dumaux (Tolomeo) qui m'a un peu laissé sur ma faim et Rachid Ben Abdeslam (Nireno) dont le seul air à l'acte deux fut un véritable plasir pour les yeux et les oreilles. J'ai regretté de ne pas en avoir entendu plus de lui, ce fut vraiment trop court.
* J'allais oublier Simon Bailley (Achilla) et Alexander Ashworth (Curio) pour les voix masculines. Le premier a du coffre vocalement et si les notes de musique s'étaient tout d'un coup matérialisées, elles seraient montées jusqu'à mon étage.
* Enfin, Emmanuelle Haïm que j'ai pu voir se démener au clavecin et l'orchestre (sur laquelle j'avais une vue imprenable grâce à ma place à 5 €) a su faire entendre des aspects de la partition de Giulio Cesare que je n'avais jamais entendus jusqu'à présent.
D'ailleurs pour conclure, je dirai que lorsque l'on va à l'opéra ce n'est pas pour entendre une musique jouée à la perfection (à supposer qu'une telle expression ait d'ailleurs un sens en musique), pour cela, on a les CD. Non, on y va pour y voir des personnes prendre le risque de jouer une partition à la scène. Des ratés, il y en a forcément mais il y a aussi des instants de grâce qu'on ne peut fixer sur un CD (ou même un DVD) vu qu'on les obtient en se mesurant au risque. Et quand je dis raté, entendons-nous bien, je parle de micro-détails que seule une oreille qui connaît Giulio Cesare pour l'avoir entendu dans bien des versions remarquera. J'ai pour ma part entendu suffisamment de nouveautés dans ce Giulio Cesare de Haïm pour être heureux de ma soirée à 5 € (j'espère avoir assez répété durant ce post et le précédent que j'avais une place à 5 € pour que l'opéra de Lille via Google tombe sur mon petit article et m'envoie gracieusement une deux invitations à la première de Thésée de Lully en catégorie 1. On peut toujours rêver).
Pour Google seulement (tu peux t'en aller cher lecteur, j'ai fini mon article) : mots clés : opéra de Lille + offrir deux invitations à quelqu'un à Lille + Thésée + Lully
08:00 Publié dans Le spitz japonais regarde un écran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : opéra, Lille, Haendel, Händel, Handel, Giulio Cesare





