09.05.2009
Livre dernièrement lus
Je n'arrive pas à écrire aussi souvent que je le voudrais. Cela fait plusieurs jours que je veux mettre quelque peu à jour ce blog et pas moyen d'y arriver. Quand je me mets devant mon PC (pas tout le temps) je fais d'autres choses. Et bien entendu, je vis. Je fais du violoncelle, du karaté, je travaille, je lis. Bref autant de choses qui remplissent facilement vos journées. Sans compter celles que je n'évoque pas ici. Comme l'avait fait le camarade Nébal une fois, je vais vous entretenir de mes dernières lectures - en bref. C'est une façon pour moi de garder un lien avec ce blog que je n'ai pas l'intention de laisser tomber même s'il m'est parfois difficile de le tenir régulièrement à jour.
L'oiseau moqueur de Sean Stewart. La bibliothèque municipale de Lille a eu la bonne idée de l'acheter. Je l'ai lu. Ouvrage envoûtant. Pourtant il ne se passe pas grand chose dans ce livre. Une femme enterre sa mère qui avait un don qu'on découvrira vite. La fille l'a aussi. Elle va devoir l'admettre et en même temps admettre sa mère contre qui elle s'est en quelque sorte construite. La description que je fais de ce roman paraît psychologique mais en fait il n'en est rien. Le roman est passionnant, l'auteur a vraiment l'art de vous planter une atmosphère, des personnages crédibles là dedans et il n'y a plus pour le lecteur qu'à lire et tourner les pages. Je me suis fait la réflexion en lisant ce livre qu'au final une histoire n'a pas forcément besoin d'être complexe, racoleuse pour être lue. Il faut surtout qu'elle soit bien racontée.
J'avais oublié l'existence de ce roman de Silverberg jusqu'à ce qu'il paraisse en poche. Comme cela arrive parfois (les mauvaises langues diront souvent) chez Silverberg, ce n'est pas raté bien entendu mais ce n'est pas extraordinaire non plus. Juste correct. Il s'agit d'une uchronie, Silverberg imagine que l'empire romain ne s'est pas effondré et qu'il a perduré. L'auteur prend habilement des instantanés de certains moments qui sont datés soignusement en AUC (ab urbe condita: depuis la fondation de la ville), en fait, on a une succession de nouvelles plus ou moins réussies qui comme c'est souvent le cas font des clins d'oeil à notre histoire (on sent que l'auteur s'est fait plaisir sur ce coup là). C'est ainsi que le prophète de l'islam apparaitra dans une nouvelle sans pourtant contrarier la continuité de l'histoire romaine. Autre clin d'oeil : une histoire se déroulant à Venise - autre empire postérieur à Rome dans notre histoire - une Venise romaine, ce qui étonne car s'il y a bien une ville d'importance en Italie qui n'a presque rien de romain, c'est bien Venise (avec la notable exception de la statue de la tétrarchie à l'angle de la basilique St Marc). Si les nouvelles du début du roman sont plutôt réussies (Avec César dans les bas fonds ), on sent l'essouflement vers la fin: que dire d'un empire romain qui aurait duré jusqu' à aujourd'hui ? Qu'il passerait par des crises, des métamorphoses. Et une fois dit cela que dire de plus ? On sent que Silverberg n'est pas Asimov dans ce roman et qu'il ne peut pas pousser trop loin l'idée d'une civilisation mortelle ou pas. Ou qu'il ne le veut pas. Sans être raté, Roma aeterna aurait pu être plus fou, plus vertigineux. C'est au final une livre relativement sage. Qu'on emportera dans sa valise lors des prochaines vacances parce qu'il n'est pas trop exigeant et ma foi divertissant.

Si j'ai lu Janua Vera, c'est d'abord parce qu'il a eu le prix du Cafard cosmique en 2008 (cette année c'est Whittemore dont je vous ai déjà dit tout le bien que je pensais et en 2007 ). C'est déjà en soi un argument. Le fait qu'il soit en poche était un argument imparable pour le lire au plus vite. Cette suite de nouvelles qui puise à différentes inspirations, les pastichant tout en créant du neuf (exercice quand même difficile) est une agréable surprise et n'a pas volé la reconnaisance du vénérable cafard. Les huit nouvelles nous promènent entre le ton épique (première nouvelle qui porte d'ailleurs le nom de Janua Vera se se fend clairement d'un extrait de St John Perse en exergue), le roman de Chrétien de Troyes, l'ambiance florentine qu'un Machiavel n'aurait pas désavoué. La promenade est agréable et on se surprend à en redemander. Ce qui soit dit en passant ne sera pas trop difficle, vient de paraître Gagner la guerre qui se situe dans le même royaume imaginaire aux Moutons électriques.
Voilà, je vous laisse ici pour aujourd''hui et j'espère ne pas m'absenter trop longtemps d'ici la prochaine note. Merci à ceux qui laissent un commentaire et merci pour votre patience !
22:21 Publié dans Science-fiction | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : silverberg, jaworski, sean stewart, l'oiseau moqueur, janua vera, roma aeterna
04.03.2009
Question mineure romaine - où il est question d'oeufs et de dauphins
Il ne reste pas grand chose à Rome du Circus Maximus aujourd'hui si ce n'est un grand espace vert et le touriste mal informé pourrait passer facilement à côté (le touriste mal informé passe forcément à côté de plein de choses, vous allez me dire, je sais bien et quitte à tout dire le touriste tout court d'ailleurs ...). Pour une belle reconstitution avec comparaison de l'état actuel, allez voir par exemple ici - le genre de site où je suis capable de passer des heures pour comprendre où est passé le théâtre de Pompée (chacun ses bizarreries).
Je lis dans le Guide archéologique de Rome (Filippo Coarelli, Hachette) que furent placés sur l'arête centrale les sept oeufs qui servaient à compter les tours accomplis par les quadriges; à ces oeufs furent ajoutés par Agrippa en 33 av JC sept dauphins de bronze qui avaient la même fonction. Histoire de bien surcharger cette arête, le guide ajoute qu'en - 10 av. JC, on installa l'obélisque de Ramsès II, provenant d'Hélioplis. Puis une autre. Puis plein d'autres choses (mais je ne vais pas vous faire un cours sur l'arête centale alors que comme vous allez le voir, j'essaye avec bien du mal de me renseigner sur elle). Bon, bref, ma question en lisant ces quelques lignes, c'est: comment comptait-on les tours avec des oeufs ? Des dauphins ??? Le guide archéologique ne répond pas à cette question malheureusement (et au passage on ne sait pas si l'absence de précision est due à l'ignorance que nous sommes quant à cette question ou au statut d'évidence - supposée - de la question et de sa réponse). Je fais donc une petite recherche sur internet. En français - précisons.
Je lis sur un premier site que les dauphins ont remplacé les oeufs (ah bon ????). Un autre explique que des dauphins en bois (???) installés par Auguste remplaçaient le traditionnel boulier, on les faisait basculer à chaque passage d'attelage (cette notion de basculement revient sur plusieurs sites). Wikipédia attribue bien par contre à Aggripa les dauphins "compte tours". Le diable est dans les détails, il n'empêche que je me demande bien comment ils se débrouillaient pour compter les tours. Un esclave se tenait-il sur la spina (l'arête centale dont Wikipédia dit en passant qu'elle servait de support à de nombreux édicules ayant une simple fonction décorative (!!!!! de la décoration ! On aura tout lu ! ) et symbolique ) pour faire basculer les oeufs ou les dauphins - auquel cas cela devait être assez risqué ? Pourquoi avoir mis les comptes-tours au centre d'ailleurs ??? Ai-je bien compris ??? Un site présente les choses ainsi: aux bouts de la "spina" étaient deux bases demi-circulaires , les "metae", et sur la "spina"'étaient les "ovaria", formés par sept oeufs en pierre et sept dauphins en bronze dont les déplacements indiquaient les tours parcourus et à parcourir encore. Pas clair quand même !!! Un autre écrit: le milieu de l'arène était occupé en partie par une longue substruction en maçonnerie (spina), qui portait des statues de divinités, des autels, ainsi que les oeufs et les dauphins, que l'on enlevait au fur et à mesure pour marquer le nombre de tours de piste accomplis par les concurrents. C'est bien entendu moi qui souligne.
C'est vraiment un détail me direz-vous, il n'empêche que cette histoire d'oeufs et de dauphins m'a (un peu) donné à réfléchir. Je vous tiens au courant si je trouve la réponse.
18:59 Publié dans Voyage en Italie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : circus maximus
27.02.2009
A l'époque où Venise n'était pas à la mode
Si vous ne connaissez pas Jules-Romain Joyant, celui à qui Théophile Gautier avait cru donner un coup de pouce en surnommant le "Canaletto français" ( à l'époque on ne disait pas encore faire du buzz), ne vous inquiétez pas, je ne suis pas sûr que vous soyez passé à côté de grand chose à moins que vous ne soyez un grand fan de Venise, de l'art qui s'y rapporte, qu'il soit bon ou mauvais. Toujours est-il que le fait qu'il soit mort des suites de maladies contractées par des séjours prolongées à Venise force l'admiration. Au moins aimait-il ce qu'il faisait le bonhomme !
Toujours est-il que je suis bien content de continuer ma thématique de la semaine "ces artistes mineurs dont on parle si peu" en citant une lettre de lui (trouvé au détour d'un ouvrage mais laissons les détails), lettre intéressante car le peintre s'y plaint de la mode qui sévit à son époque - celle d'aller à Rome.
Je cite: Je ne puis concevoir la folie de ces peintres qui courent en foule à Rome pour peindre ces misérables ruines (sic !) qui sont faites, refaites et connues de l'univers entier (re-sic !) , tandis que cette ville-ci (c.a.d Venise - vous avez suivi je suppose) renferme des beautés de genre tout à fait original et cent fois préférables (comme pittoresques) à tout ce que l'on peut trouver à Rome, pas un seul ne s'y arrête pour y étudier; quelques uns seulement lui font a grâce de la venir visiter et la quittent au plus tôt.
C'est bien entendu complètement injuste et plein de mauvaise foi, ce qui fait tout l'intérêt du passage. Notons cependant qu'à l'époque Venise est une ville désertée et décrépite - du moins de réputation. Quelqu'un comme Chateaubriand y passe sans être charmé: on ne peut faire un pas sans être obligé de s’embarquer et l’on est réduit à tourner dans d’étroits passages plus semblables à des corridors qu’à des rues. C'est une ville contre-nature nous dit-il - le mot est resté même si Chateau braind, retournera à Venise et nuancera son jugement.
Tiens, pour ceux que cela intéresse, un blog sur le thème de la littérature et Venise que je viens de découvrir en passant: http://laveniselitteraire.midiblogs.com/. Sinon, il y a l'incontournable TraMeZziniMag.
09:19 Publié dans Voyage en Italie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : joyant, venise, rome
26.02.2009
Compositeurs de seconde zone
Si tout le monde (enfin arrivé à un certain degrè de culture musicale classique dira-t-on, ce qui réduit la portée de ce "tout le monde") connaît pour le violoncelle - en partie ou complètement - les fameuses six suites de Bach, on ne trouve quasiment plus personne qui connaisse Jean-Baptiste Bréval (1753-1823), Jean-Lous Duport, Romberg (1772-1841) ou Piatti (1802-1921, le Paganini pour violoncelle - en un peu moins bien musicalement parlant mais d'une difficulté appréciable ceci dit). En fait, je ne crois pas que cela soit propre au violoncelle, dans l'apprentissage de tout instrument, on se frotte d'abord à des compositeurs qu'il faut bien appeler de seconde zone avant d'arriver à jouer des compositeurs plus grand public comme Bach. Ce jugement mériterait bien entendu d'être nuancé selon les instruments et il n'exclut pas l'éxécution de petites pièces de Mozart, Beethoven, etc. Reste que l'on ne commence pas le piano en jouant l'opus 111 de Beethoven ni le violoncelle avec la 1ère suite de Bach.
On doit donc passer par des compositeurs que j'appelle sans mépris de seconde zone. Pour Romberg, l'anecdote rappportée sur Wikipédia est éloquente à cet égard:
On raconte que Bernhard Romberg aurait piétiné la partition de la partie de violoncelle du Quatuor à cordes opus 59 de Beethoven, la trouvant trop difficile, mais l'anecdote est certainement fausse, puisque nous avons à faire à un virtuose. En revanche il aurait dit à Spohr : « Comment pouvez-vous jouer une chose aussi excentrique ? ». Ce qui nous renseigne bien sur la difficulté que rencontraient les contemporains, Romberg et Spohr compris, pour comprendre et apprécier la musique de Beethoven. Ce dernier aurait même fait la proposition de composer un concerto pour violoncelle ce que Romberg aurait (hélàs) refusé.
Ce ne sont pas des compositeurs géniaux (parfois même carrément pompiers !!!), ils sont loin des sommets d'un Beethoven et d'un Bach et pourtant on les jouera peut-être davantage qu'eux (je ne dis pas qu'on les entendra davantage, remarquez bien la nuance), c'est à travers eux que des musiciens amateurs qui n'arriveront pas toujours à parvenir à une maîtrise de l'instrument (et donc à Bach, Beethoven ...) connaîtront leurs premiers émois musicaux. Et ces compositeurs de seconde zone (appellation ici volontairement provocante qui mériterait d'être un peu nuancée) trouvent au final une revanche inattendue sur leurs rivaux.
P.S: je me suis arrêté ici à des compositeurs qui restent encore relativement connus. Comme en témoignent les deux pochettes de CD, on peut trouver des renseignements et des enregistrements assez facilement. Mais si vous voulez un exemple de compositeur qui n'a même pas sa fiche sur Wikipédia (au moment oiù j'écris ces lignes) prenez Friedrich August Kummer (1797-1879) qui a fait des études ma foi supérieures à bien des pièces de Bréval, et qui figurent à une bonne place dans les recueils d'étude de Feuillard (bien connu pour sa méthode de violoncelle qui a servi à des générations de violoncellistes). Vous aurez bien du mal à trouver des renseignements sur le net, preuve d'ailleurs que tout ne s'y trouve pas, ce qui aurait tendance à me rassurer mais c'est là une autre histoire !
18:37 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : violoncelle, bréval, duport, romberg, piatti
22.02.2009
John Varley "Gens de la lune"
Le livre de John Varley Gens de la lune sans être une franche réussite n'est pas non plus un livre complètement raté. Ben oui, il y a des livres comme ça qui sans être forcément géniaux se laissent lire sur des dizaines de pages avec beaucoup de plaisir puis un peu d'ennui puis à nouveau un peu de plaisir. Ce livre en fait partie et du coup, il n'est pas évident de le recommander ou au contraire de le déconseiller.
Les premières lignes, volontairement provocatrices, mettent d'emblée dans l'ambiance: "Dans cinq ans, le pénis sera obsolète , déclara l'attaché commercial." On se demande d'ailleurs au passage si John Varley n'a pas fait un pari avec quelqu'un pour figurer au concours des premières lignes d'un roman les plus aguicheuses. Mais passons.
Un personnage principal attachant. Hildy. Le fait qu'il/elle change de sexe nous vaut quelques pages intéressantes sur ce que cela change d'être un homme ou une femme. Par exemple: Pour tout dire, il me semble que si une femme peut porter à peu près n'importe quoi, il y a tout un tas de vêtements dans lesquels un homme a l'air d'un idiot. Exemple type: la robe fourreau, le genre qui descend aux chevilles, éventuellement fendue jusqu'au genou. mettez-la sur un corps d'homme et le pénis rompra d'une bosse cette ligne fluide (...) ce type précis de vêtement a été conçu pour mettre en valeur les lignes d'un corps féminin, des courbes et non des angles.
Le fait que notre personnage se cherche tout au long du roman est un point fort du livre car le lecteur est entraîné dans les contradictions de la société lunaire dans lesquelles on déambule durant près de 872 pages (de poche). Mais on a du mal parfois à voir où l'auteur veut en venir et en finir et on se lasse au détour de quelques pages, comme si le roman manquait quand même d'un peu plus d'unité. Alors bien sûr, il y a l'humour ravageur de John Varley et quelques répliques culte du style:
- Tu veux venir ?
- Franchement, Hildy, je crois que j'aimerais encore mieux regarder sécher du plâtre.
Il y a des passages marrants, d'autres assez fun mais cela n'empêche pas le lecteur d'écraser un baillement de temps à autre. Donc à vous de voir. C'est peut-être un livre à lire durant l'été, le style de livre qu'on laisse et qu'on reprend au gré de ses envies. A vous de voir.
16:54 Publié dans Science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









