26.08.2009
Catherine Dufour "Blanche-Neige et les lance-missiles"
Dans la série "les livres qui ne m'ont pas plu alors que je pensais a priori qu'ils allaient me plaire", je dois parler du livre de Catherine Dufour réédité il y a de cela peu au livre de poche - heureuse initiative à l'égard des pauvres que nous sommes (pour parodier la Salle 101) et qui n'avons pas toujours les moyens de tout acheter immédiatement en grand format. De Catherine Dufour, j'avais beaucoup aimé Le goût de l'immortalité mais voilà, ça ne veut pas dire que j'aime tout de cet auteur pour autant. La preuve. Pour un avis contraire (car j'aime bien faire dans le paradoxe et la nuance) , on se reportera à l'avis du camarade Nébal qui dit beaucoup de bien du livre en question à cet endroit - même s'il est plus nuancé sur le tome 2 en livre de poche comme on le lira là.
L'honnêteté me pousse à confesser que j'ai été jusqu'à la page 240 environ et que j'ai regardé disons les premières pages mais pas plus de L'ivresse des providers, la deuxième partie du livre. Je n'ai pas pu en lire plus parce que tout simplement j'ai été vite lassé. La lassitude du lecteur soit dit entre parenthèses mériterait une étude. Je pourrais citer tout un tas de livres que j'ai lu jusqu'au bout tout en sachant pertinemment que la messe était dite et que le livre me décevrait mais je lisais jusqu'au bout au cas où. Il y a les livres avec lesquels j'ai accepté de m'ennuyer car j'aimais le monde qu'il peignait - à défaut d'une intrigue prenante, ou alors parce que je soupçonnais que c'était temporaire. Enfin, il y a les livres qui sont ennuyeux car épousant comme quelque chose de l'ennui de la vie.
Et il y a l'ennui de celui qui par exemple serait obligé de regarder le one man show d'un comique qui ne le fait pas du tout rire. Il n'y a rien de plus inégal que ce qui fait rire. J'en connais qui peuvent rire devant un sketch de Sylvie Joly (exemple pris au hasard, substituez le comique que vous voulez) et d'autres lui témoigner tout au plus une indifférence polie. Cela ne me fait pas rire - dira-t-on avec justesse. Pour ce livre de Catherine Dufour, c'est un peu ce qu'il m'arrive. Le livre est bien écrit et il y a des trouvailles en écriture. J'ai beaucoup souri en lisant l'histoire du chevalier Méthode, certains passages à droite et à gauche, certaines répliques bien senties. Mais l'intrigue ne m'a pas entraîné plus loin que cela et m'a vite ennuyé. Cela ne veut pas dire que le livre est dépourvu de qualités mais bon, je n'ai pas trop accroché. A vous de voir, à présent.
12:42 Publié dans Science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : catherine dufour, blanche-neige
17.08.2009
Charles Stross "Crépuscule d'acier"
Il faut que je vous avoue quelque chose à propos de ce livre. J'ai commencé le livre de Stross il y a de cela plusieurs mois, J'ai dû lire quelque chose comme les cent premières pages puis j'ai laissé tomber. Quelques mois plus tard donc j'ai tout repris en me disant que c'était vraiment trop bête d'avoir laissé inachevé la lecture de ce livre. Et je l'ai fini cette fois. Ai-je bien fait ? Si les cent premières pages sont assez intéressantes, je me suis surpris à plusieurs reprises à m'ennuyer. Et au final,je me suis rendu compte que le livre de Stross faisait partie de cette catégorie de livres "prometteur mais ...".
Commençons par les points positifs:
- les téléphones qui tombent sur La Nouvelle République et demandent de l'information à ceux qui décrochent. Un tableau de Magritte revu et corrigé à la lumière de la civilisation de l'information (en ce sens on peut déjà dire que c'est un space opera surréaliste comme je l'ai lu chez Actu SF) . Tout ce qui tourne autour de ce Festival d'ailleurs est plutôt réussi.
- l'ambiance stalinienne de la Nouvelle République. Le début du roman révèle une intrigue inattendue d'espionnage, c'est une bonne surprise.
- la touche de fun ça et là (je n'en dis pas plus pour ne pas dévoiler les petites surprises qui jalonnent la lecture)
A présent, ce qui finit par lasser:
- les détails techniques. Là l'auteur abuse vraiment et à force on s'ennuie. Exemple page 428:
Il regarda le compte à rebours fatidique. le croiseur de guerre se rapprochait de sa destination à une allure d'escargot à peine 40 k.p.s.. L'ennemi avançait vers eux à environ 200k.p.s., ralentissant toujours, mais leur propulsion diminuait - si cela continuait, à une vitesse acquise de 250k.p.s., leurs trajectoires se croiseraient dans environ 500 secondes, et ils seraient à portée de lancer de missiles 200 secondes avant cela.
- Une fois passé les cent premières pages, l'intrigue se relâche singulièrement (sans jeu de mot, ceux qui ont lu le livre comprendront !). C'est d'ailleurs pour cette raison que j'avais arrêté le roman la première fois. On s'ennuie quand même. C'est dommage, c'était bien parti.
Donc, au final, encore un roman qui certes n'est pas à jeter mais qui n'est pas l'oeuvre du siècle - si je puis m'exprimer ainsi - et qui laisse un peu sur sa faim.
16:40 Publié dans Science-fiction | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, stross
World War Z
Comme c'est les vacances, je voulais me faire plaisir en m'achetant un livre grand format. Et comme j'ai lu à droite et à gauche des comptes-rendus plutôt positifs du livre de Max Brooks (cf. ci-contre), je l'ai acheté plutôt que, par exemple, le dernier Spinrad (où les avis sont mitigés). J'ai été tenté, je le reconnais, par Gagner la guerre de Jaworski (Janua Vera m'avait bien plu comme je vous l'ai dit dernièrement) , Trames de Banks ou En panne sèche d'Eschbach, mais j'ai tellement d'autres livres à lire avant que cela n'aurait pas été sérieux d'acheter trois livres en grand format pour au final ne les lire que lorsqu'ils seront réédités en poche !
Donc, parlons de World War Z. Pour faire simple, ce livre est une (fausse) compilation de témoignages des quatre coins du monde faites par un agent de l'ONU. On sait d'emblée que la guerre a eu lieu, que l'humanité a passé un sale quart d'heure et qu'à présent les choses sont en train de s'arranger. Le livre est très agréable à lire et on peut tirer un coup de chapeau à son auteur pour avoir réussi à créer autant de témoignages différents et d'avoir donné une sorte de "complexité d'opinions" sur un même phénomène. On a par exemple le point de vue du citoyen lambda, du militaire ... etc. et bien entendu chacun voit les choses différemment, ne rend pas responsable les mêmes personnes de la contagion du phénomène zombie et ça c'est intéressant. Autre point intéressant du roman: le fait d'avoir en quelque sorte condensé en un livre la substance de plusieurs types de films de zombies. La référence à Romero est assumé mais ce que je veux dire par là c'est que certains films de zombies insiste sur l'aspect gore, d'autres sur l'aspect psychologique mais difficile dans un film de jouer sur tous les plans. Le livre de Max Brooks en ayant recours à des témoignages différents permet de concentrer un peu tous les aspects. Un bémol cependant et c'est peut-être le seul que je ferais: j'ai trouvé que la dimension militaire devenait trop importante voire quasi exclusive vers la fin du livre. Certes, on pourrait se dire que c'est normal vu que la fin de l'histoire c'est la guerre totale contre les zombies. Mais quand même: dans quelle mesure l'humanité a été changé - ou pas - par cette pandémie ? La notion d'Etat a-t-elle une chance de se réimposer après avoir démontré son incapacité à faire face à la menace ? ...etc. Parce que le livre de Brooks n'est pas qu'un simple divertissement mais que, quelque part, il interroge - mêe si c'est implicitement - ce qu'est l'homme, l'Etat face à une menace radicale, on regrette que le livre se cloture un peu trop tôt sans avoir un peu laissé entrevoir comment était l'humanité après un tel évènement apocalyptique.
World War Z est un livre hautement recommandable et alors que le risque de pandémie refait régulièrement surface dans les médias (toute proportioins gardées bien entendu mais le parallèle est intéressant à faire) , ce livre nous rappelle que face à l'imprévu, ni l'Etat ni même son prochain ne sont à la hauteur.
15:29 Publié dans Science-fiction | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : max brooks, world war z
13.07.2009
Dernièrement lus (2)
On va commencer par un livre que je déconseille absolument. Sans intérêt. Le vide. La sensation de lire pour la centième fois le même truc que dans des tas d'autres romans - mais vraiment en très médiocre. Des scènes de sexe sans intérêt. La préface de James Ellroy (dans mes souvenirs car je me suis délesté de ce poche au profit de la bibliothèque la plus proche) est peut-être le seul intérêt de ce livre. C'est d'ailleurs assez cruel: les deux pages de la préface sont bien meilleures que tout le roman. C'est dire. Quitte à lire un livre sur Hollywood, Los Angeles, les USA, allez voir ailleurs !
Bien plus intéressant - même si peut-être à lire à petite dose (l'ouvrage étant l'assemblage de chroniques pour un journal, on a parfois une petite sensation de répétition - par exemple dans les "chutes" qui concluent chaque chronique) le livre de Bill Bryson qui nous raconte les travers de la vie américaine (et les bons côtés également). l'auteur est né aux USA; est parti en Grande Bretagne et le revoilà aux USA. C'est l'occasion pour l'auteur de s'étonner (à nouveau) devant les particvularités de ce pays: les innombrables catalogues de VPC, l'absence de trottoir (on voyage en voiture même sur une très courte distance) ... Une lecture divertissante avec un bémol quand même : on se demande ce qui est encore vrai (ex: vend-on toujours autant par catalogue avec internet ? Les américains n'ont-ils changé leurs habitudes sur tel ou tel point ?).

Tant qu'on est dans le choc des rencontres culturelles, la BD de Delisle qui raconte le séjour de l'auteur dans la ville chinoise se lit rapidement et fait passer un moment agréable à son lecteur en rappelant sur un mode toujours humoristique tous les malentendus qui peuvent s'instaurer entre deux traditions. A la différence du livre de Bryson, on se dit que peu de choses ont dû changer par contre là bas (sauf bien entendu le statut de Hong Kong qui devait à l'époque être encore britannique)
12:01 Publié dans Le spitz japonais lit de la non SF | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : bruce wagner, bill bryson, américain, guy delisle
09.05.2009
Livre dernièrement lus
Je n'arrive pas à écrire aussi souvent que je le voudrais. Cela fait plusieurs jours que je veux mettre quelque peu à jour ce blog et pas moyen d'y arriver. Quand je me mets devant mon PC (pas tout le temps) je fais d'autres choses. Et bien entendu, je vis. Je fais du violoncelle, du karaté, je travaille, je lis. Bref autant de choses qui remplissent facilement vos journées. Sans compter celles que je n'évoque pas ici. Comme l'avait fait le camarade Nébal une fois, je vais vous entretenir de mes dernières lectures - en bref. C'est une façon pour moi de garder un lien avec ce blog que je n'ai pas l'intention de laisser tomber même s'il m'est parfois difficile de le tenir régulièrement à jour.
L'oiseau moqueur de Sean Stewart. La bibliothèque municipale de Lille a eu la bonne idée de l'acheter. Je l'ai lu. Ouvrage envoûtant. Pourtant il ne se passe pas grand chose dans ce livre. Une femme enterre sa mère qui avait un don qu'on découvrira vite. La fille l'a aussi. Elle va devoir l'admettre et en même temps admettre sa mère contre qui elle s'est en quelque sorte construite. La description que je fais de ce roman paraît psychologique mais en fait il n'en est rien. Le roman est passionnant, l'auteur a vraiment l'art de vous planter une atmosphère, des personnages crédibles là dedans et il n'y a plus pour le lecteur qu'à lire et tourner les pages. Je me suis fait la réflexion en lisant ce livre qu'au final une histoire n'a pas forcément besoin d'être complexe, racoleuse pour être lue. Il faut surtout qu'elle soit bien racontée.
J'avais oublié l'existence de ce roman de Silverberg jusqu'à ce qu'il paraisse en poche. Comme cela arrive parfois (les mauvaises langues diront souvent) chez Silverberg, ce n'est pas raté bien entendu mais ce n'est pas extraordinaire non plus. Juste correct. Il s'agit d'une uchronie, Silverberg imagine que l'empire romain ne s'est pas effondré et qu'il a perduré. L'auteur prend habilement des instantanés de certains moments qui sont datés soignusement en AUC (ab urbe condita: depuis la fondation de la ville), en fait, on a une succession de nouvelles plus ou moins réussies qui comme c'est souvent le cas font des clins d'oeil à notre histoire (on sent que l'auteur s'est fait plaisir sur ce coup là). C'est ainsi que le prophète de l'islam apparaitra dans une nouvelle sans pourtant contrarier la continuité de l'histoire romaine. Autre clin d'oeil : une histoire se déroulant à Venise - autre empire postérieur à Rome dans notre histoire - une Venise romaine, ce qui étonne car s'il y a bien une ville d'importance en Italie qui n'a presque rien de romain, c'est bien Venise (avec la notable exception de la statue de la tétrarchie à l'angle de la basilique St Marc). Si les nouvelles du début du roman sont plutôt réussies (Avec César dans les bas fonds ), on sent l'essouflement vers la fin: que dire d'un empire romain qui aurait duré jusqu' à aujourd'hui ? Qu'il passerait par des crises, des métamorphoses. Et une fois dit cela que dire de plus ? On sent que Silverberg n'est pas Asimov dans ce roman et qu'il ne peut pas pousser trop loin l'idée d'une civilisation mortelle ou pas. Ou qu'il ne le veut pas. Sans être raté, Roma aeterna aurait pu être plus fou, plus vertigineux. C'est au final une livre relativement sage. Qu'on emportera dans sa valise lors des prochaines vacances parce qu'il n'est pas trop exigeant et ma foi divertissant.

Si j'ai lu Janua Vera, c'est d'abord parce qu'il a eu le prix du Cafard cosmique en 2008 (cette année c'est Whittemore dont je vous ai déjà dit tout le bien que je pensais et en 2007 ). C'est déjà en soi un argument. Le fait qu'il soit en poche était un argument imparable pour le lire au plus vite. Cette suite de nouvelles qui puise à différentes inspirations, les pastichant tout en créant du neuf (exercice quand même difficile) est une agréable surprise et n'a pas volé la reconnaisance du vénérable cafard. Les huit nouvelles nous promènent entre le ton épique (première nouvelle qui porte d'ailleurs le nom de Janua Vera se se fend clairement d'un extrait de St John Perse en exergue), le roman de Chrétien de Troyes, l'ambiance florentine qu'un Machiavel n'aurait pas désavoué. La promenade est agréable et on se surprend à en redemander. Ce qui soit dit en passant ne sera pas trop difficle, vient de paraître Gagner la guerre qui se situe dans le même royaume imaginaire aux Moutons électriques.
Voilà, je vous laisse ici pour aujourd''hui et j'espère ne pas m'absenter trop longtemps d'ici la prochaine note. Merci à ceux qui laissent un commentaire et merci pour votre patience !
22:21 Publié dans Science-fiction | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : silverberg, jaworski, sean stewart, l'oiseau moqueur, janua vera, roma aeterna














