28.08.2010
"One fifth Avenue" de Candace Bushnell
Je suis fier de moi car c'est le deuxième livre de littérature que j'arrive à lire sans trop de difficultés en anglais ! J'avais lu auparavant en VO Imperium de Robert Harris (actuellement plus connu pour son Ghostwriter adapté par Polanski) que j'avais suivi assez facilement (avec un peu d'aide du dictionnaire mais je n'y étais pas plongé tout le temps non plus), mais bon, je connais les grandes lignes de la vie de Cicéron, surtout après avoir lu la biographie que Pierre Grimal lui a consacré et que je recommande chaudement. Revenons à Candace Bushnell, je n'ai jamais vu en entier un épisode de Sex and the City ni lu un autre livre d'elle. J'ai un regard donc complètement neuf sur l'auteur. Et j'ai trouvé cela assez divertissant. L'idée de suivre des personnages qui ont en commun de vivre dans le même immeuble n'a rien de nouveau, on le trouve par exemple d'une toute autre façon chez Al Aswani avec L'Immeuble Yacoubian, cela reste une idée littérairement stimulante car l'immeuble est un microcosme. Les personnages que l'on croise dans ce roman sont, il faut le reconnaître, inégaux. L'arriviste Lola, pour ne prendre qu'un exemple, énerve plus qu'autre chose tant elle est transparente. Enid, par contre, l'une des personnes âgées de l'immeuble, est psychologiquement plus intéressante. L'apparition d'intrigues et de sous intrigues crée progressivement l'intérêt pour ces personnages dont on se rend compte qu'on les avait jugés un peu trop vite et qu'on ne savait pas tout d'eux. Au final, un livre agréable, un peu comme une série télé en une saison de cinq épisodes - mais en livre. Pourquoi pas après tout ?
21:09 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Un livre bancal
C'est attiré par la couverture assez réussie de l'édition anglaise (on dira tout ce que l'on veut mais je trouve souvent les couvertures des livres qui sortent en Grande Bretagne et dans les pays anglo-saxons assez réussie le plus souvent) que j'ai été amené à m'intéresser au livre de Scarlett Thomas The End s lof Mr Y, traduit assez judicieusement d'une toute autre manière en français: La Fin des mystères. Comme le livre est traduit en français et que je n'avais pas trop envie de tester l'aventure en VO avec ce livre, je l'ai acheté en poche. La couverture est moins jolie mais bon, passons. Le début est assez époustoufflant. On suit avec plaisir les aventures assez étonnantes de cette jeune thésarde fauchée qui est amenée à mettre la main sur un ouvrage qui va l'entrainer dans des aventures incroyables. Même les quelques scènes érotiques qui pourraient paraître détonner participe un peu de cette ambiance baroque où l'on trouve de la philosophie, de la littérature, de la physique quantique. Ceci dit, plus on avance, plus on se demande si le livre va tenir sur la longueur et en fait plus on avance, plus on est déçu car l'alchimie entre tous les éléments ne prend pas. L'auteur dans ses Remerciements placées à la fin de son histoire écrit: Ian Stewart m'a prévenue qu'en raison de son épilogue (je serais tenté de dire bien avant l'épilogue moi !), ce roman pourrait être lu comme un histoire "sans queue ni tête mais avec Dieu". C'est au final la principale faiblesse de ce livre qui est prometteur, intéressant à plein d'égard mais n'arrive pas à tenir les promesses tacites du début. On s'attend à quelque chose de géant et au final le soufflé retombe trop vite. Je ne suis pas tout seul à le penser, au hasard là où le lecteur écrit : My one complaint is, I'm afraid, a serious one. And it's something that afflicts even the most experienced novelist: the allure of the pat ending, the ending that will tie everything together for the reader. Ms. Thomas has tacked on an unneeded epilogue that honestly made me cringe. I like when the author lets the reader have their own final interpretation of the book's events; this shows me that the author trusts me to contemplate and understand their work. So I'm going to pretend that the epilogue never even existed. Le côté bancal de ce livre explique peut-être que les autres livres du même auteur soient toujours inédits en français : PopCo et Our tragic universe, c'est un peu dommage car tout imparfait que soit La Fin des mystères, cet ouvrage en vaut bien d'autres et il y a un potentiel à suivre. Si je les lis, je vous tiendrais au courant, promis !


13:17 Publié dans Science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : scarlett thomas, la fin des mystères
22.08.2010
Plus d'une année de lecture (2)
C'est un livre qui commence de façon trompeuse par une impression de déjà lu, il est en en effet question d'un point de départ qu'on a forcément croisé au détour d'un conte ou d'une nouvelle (Buzzati ? Je ne peux pas ne pas penser en tout cas à la mort de Terry Pratchett sur un mode plus comique): la mort cesse de faire son travail et plus personne ne meurt. Dès le début, je me suis dit: bof.Or, là où ça devient intéressant c'est qu'avec un tel point de départ éculé, l'auteur réussit à construire une histoire tout à fait fascinante et qui tient la route jusqu'au bout. Il faut un petit temps d'adaptation au style de Saramago : phrase parfois assez longue qui repousse le plus loin le point et n'hésite pas à jouer les prolongations et les tirs au but avec dernier. Mais une fois qu'on s'y est habitué, on prend goût à ce style et on suit avec plaisir ce récit qui mélange un peu tous les genres sans trancher: fantastique, roman d'amour, absurde ... bref une découverte qui m'a donné envie de lire d'autres livres de ce monsieur, prix Nobel de littérature et mort récemment le 18 juin 2010.
Petite déception pour le livre de Gaborit, en dépit d'une belle illustration de Sam Van Olffen
(je vous mets en lien son blog où vous pourrez voir d'autres créations de type steampunk), je m'attendais à un peu mieux. J'ai trouvé le récit un peu bancal et ennuyeux par endroit. Le récit est-il un peu trop court pour que l'on puisse vraiment croire à cet univers de cités juste reliées par des traverses qui passent au dessus d'une étrange substance l'écryme ? Tout est là: l'univers, les personnages mais non, je n'ai pas réussi à adhérer à cet univers qui avait pourtant tout pour plaire.
Largement mieux et à mes yeux un "classique" de la littérature steampunk Confessions d'un automate mangeur d'opium écrit par Fabrice Colin et Gaborit. On y retrouve tous les incontournables de la littérature Steampunk: du dirigeable à la reine Victoria en passant par la tour Eiffel et l'exposition universelle tout est là. L'alchimie qui ne se déclenche pas dans Bohème prend ici au détour de quelques lignes qui s'attardent sur ce monde, par exemple: Partout autour de nous, bien au-dessus de la ville, aéroscaphes aux longues rangées de fenêtres, fiacres volants munis d'ailes factices, aérocars et aérocabs plus petits, mais plus agiles aussi, orchestraient un magnifique ballet aérien , tout de lenteur, de grâce et de silence, glissant sur les brises du couchant comme d'antiques oiseaux de métal; çà et là, d'immenses coupoles cuivrées à l'angle des immeubles ou au sommet d'une tour privée pour les laisser partir ou les accueillir en son sein; elles s'ouvraient et se renfermaient comme de grandes fleurs de métal, engloutissant leur proie avec une sérénité toute mécanique.
Pour ceux qui sont intéressés par l'univers steampunk et désireraient en savoir plus, signalons la somme qui vient de sortir aux Moutons électriques et richement illustrée. L'ouvrage coûte 25 euros mais il les vaut !
11:18 Publié dans Le spitz japonais lit de la non SF, Science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : saramago, gaborit, steampunk
17.08.2010
Plus d'une année de lecture (1)
Plus d'une année de lecture ! Evidemment, le temps me manque pour faire un compte rendu détaillé de tout ce que j'ai lu, c'est pour cela, que je vais procéder par petite touche impressionniste, me contentant d'évoquer les bonnes surprises rencontrées au fil de mes lectures ... et les moins bonnes.

Le livre de O'Neill dont on a beaucoup parlé en septembre 2009 car d'une part Barak Obama disait l'avoir lu et d'autre part il était sorti pour la sacro-sainte rentrée littéraire, ce livre donc est d'une grande beauté et mérite les éloges qu'il a reçu. Il y est question du 11 septembre 2001, du cricket, de l'amitié, de la Hollande et de la séparation en amour, de beaucoup de choses au final sans que l'une de celles-ci ne soient exclusivement le thème du livre - même si le cricket semble être en apparence un fil conducteur. Ce qui fait vraiment l'unité du livre c'est un sentiment à mi chemin entre la rêverie et la mélancolie qu'on sent toujours à l'arrière-plan. Un extrait: L'été, dans Pearl, Ludlow ou Mott, je trouvais un certain répit hors de notre appartement transformé en une sorte de mine de charbon parentale, et je marchais et marchais jusqu'au moment où j'atteignais un état de rêverie, de réceptivité à l'optimisme indéterminé, qui me paraissait être une fin en soi, aussi souhaitable que possible. Ces promenades étaient, j'imagine, une forme légère de somnambulisme - produit de lépuisement et de l'automatisme du travail la mine. Que sur le plan diagnostique, ce fût bien ou mal, il y avait là clairement un élément de fuite, un élément de capitulation, aussi, comme si j'étais celui qui circulait à grande vitesse dans sa poussette et ma mère celle qui dirigeait l'engin dans ses rues. Un livre, on l'aura compris, très bien écrit et, soulignons-le, traduit. Une fois lu, n'hésitez pas à jeter un coup d'oeil à la critique et à l'interview de l'auteur là, sur le site des Inrockuptibles.
Ayant à peine achevé Netherland, j'avais envie de lire quelque chose dans une thématique proche du 11 septembre. D'où mon choix du livre de Claire Messud Les Enfants de l'empereur, disponible en Folio. L'ouvrage se lit sans peine, est moins exigeant en termes d'attention que le livre d'O'Neill mais apporte aussi beaucoup moins. On suit les péripéties de trois trentenaires tiraillés entre leur désir d'accomplissement et leur médiocrité ainsi que de quelques autres personnages jusqu'à arriver au 11 septembre. La construction du roman est habile et judicieuse , les personnages crédibles, reste qu'on a un peu la sensation d'être dans une sorte de série télévisée dont on aurait vu quelques épisodes sans connaître les épisodes suivants, ni avoir envie de les connaître. Un livre de transition que j'ai lu avec plaisir mais que j'ai assez vite oublié également.
Pour enchaîner avec Les Enfants de l'empereur, rien de tel que Bret Easton Ellis et son bien nommé Moins que zéro. On en parle actuellement car sa suite Imperial Bedrooms vient de sortir dans les pays anglo-saxons (et en Grande Bretagne où je l'ai acheté mais pas encore lu). Le livre est éprouvant à lire car il ne s'y passe pas grand chose. C'est une description toute à faite saisissante du vide profond qui réussit à mouvoir (si je puis m'exprimer ainsi) Clay (le narrateur), Blair, Trent et les autres personnages qui passent leur temps à sortir, à aller à des fêtes, à se droguer. Ils sont perpétuellement en mouvement mais il n'y a pas d'action en fait, quand ils parlent c'est creux, sans intérêt. Il y a un coup de force littéraire à réussir à restituer le vide tant intérieur qu'extérieur de tous ces personnages et ce en très peu de pages au final (un peu plus de 200 au format de poche 10/18). A lire impérativement avant Imperial Bedrooms car comme j'ai pu le constater en feuilletant ce dernier, l'ouvrage évoque plusieurs faits qui se sont déroulés dans Moins que zéro.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! A suivre.
17:37 Publié dans Le spitz japonais lit de la non SF | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : o'neill, netherland, ellis, moins que zéro, claire messud, les enfants de l'empereur
Les gens à la bibliothèque
Et juste avant de vous entretenir de mes dernières lectures, il faut que je fasse une sorte d'addenda aux deux notes que j'avais consacré aux bibliothèques: là et là. Je ne suis pas bibliothécaire, je ne travaille pas dans une bibliothèque, je suis un simple usager - comme on dit - des bibliothèques. Et parmi ces bibliothèques, il y a la bibliothèque municipale qui vaut son pesant d'or pour observer un fait qui a le don de m'étonner (le fait dont je vais vous entretenir ne s'observerait pas - ou très peu - dans une bibliothèque universitaire): les gens, lorsqu'ils vont à la bibliothèque municipale, regardent en très grande majorité (je trouve) d'abord à l'endroit où l'on place les retours - c'est-à-dire les livres que l'on vient juste de restituer. Ils ne vont pas directement à l'assaut des rayonnages nombreux et mutiples qui s'offrent à eux, non, ils regardent d'abord les livres qui viennent de "rentrer" à la bibliothèque. Et quand ce n'est pas le cas, quand ils ont fait un petit tour sans rien trouver, on les revoit trainer à cet endroit. L'une des raisons de ce comportement que je trouve récurrent chez beaucoup d'usagers de la bibliothèque est que le choix -même en apparence restreint - est toujours trop vaste pour pouvoir choisir un livre si, bien entendu, on ne sait pas trop a priori ce que l'on cherche. D'où le fait de regarder la mini sélection du jour (les retours) dans l'espoir d'avoir une idée de lecture. A cela s'ajoute peut-être l'opinion plus ou moins juste qu'un livre qui a été emprunté doit être intéressant vu que quelqu'un s'est donné la peine de le lire. Où l'on vérifie au passage que c'est le désir d'autrui qui rend désirable certaines choses. Et d'où cet étrange paradoxe dont j'ai plus l'intuition que la preuve: un livre emprunté peut ainsi aller régulièrement de la case retour à la case emprunt sans même passer par la case mise en rayon. Et ainsi être emprunté et réemprunté régulièrement. Un livre peut ainsi être emprunté assez souvent juste parce qu'on l'a emprunté une fois et non à cause de sa valeur littéraire intrinsèque ou de son intérêt. Si j'avais le temps, je m'amuserais à mettre des livres médiocres dans le bac "Retour" juste pour vérifier le bien-fondé de ma théorie et j'essaierais de voir via le site internet de la bibliothèque combien de temps il reste emprunté. Il a là uné étude tout à fait inutile à faire !
15:13 Publié dans La vie quotidienne du spitz japonais | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bibliothèque municipale











